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Légiférer sur les retraites chapeau ? Pas tout de suite ou pas du tout

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Le président de PSA Philippe Varin a donc finalement renoncé à ses 21 millions de retraite chapeau. Mais le débat continue : faut-il légiférer sur la question ? Oui, répond ce matin Arnaud Montebourg dans les colonnes du Parisien. Mais pas tout de suite. Attendons le prochain cas, dit le ministre du Redressement productif. Si l'autodiscipline ne fonctionne pas, alors il faudra légiférer.
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Radio France
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Une loi, pourquoi pas, mais pas forcément pour Harlem Désir.
Le patron du PS appelle surtout, sur RTL, à la responsabilité individuelle.

"J'appelle dans ce moment de crise, où l'on demande à tout le monde des
efforts, à ce qu'il y ait un sens de la responsabilité et que chacun contribue
à ces efforts
, a expliqué le Premier secrétaire du PS. Que les représentants des salariés puissent avoir un contrôle
sur la façon dont les dirigeants sont rémunérés. Quand une entreprise va mal, on
ne va pas donner une prime à son dirigeant. Il n'y a pas de prime à la
médiocrité.
"

Du côté de l'opposition

Après les cris d'orfraie poussés
mercredi, le chef de file des députés UMP Christian Jacob, s'y oppose sur France
Info
 :

"Je pense qu'il n'y a pas urgence à légiférer. Je
préfère le code de bonne conduite qui finir par s'imposer naturellement. Si on
légifère on risque de faire n'importe quoi, de rentrer dans un débat de lutte
des classes qui n'a pas beaucoup de sens. Laissons notre économie respirer et
faisons en sorte de ne pas arriver à ces excès.
"

Nicolas Sarkozy s'était pourtant clairement prononcé pour
une loi interdisant les retraites chapeau lors de la dernière campagne
présidentielle. François Hollande lui n'y était pas favorable, préférant une
fiscalisation plus importante de ces retraites chapeau.

L'avis de Jean-Luc Mélenchon

Réactions quasi unanimes en tout cas ce jeudi matin pour saluer la
décision de Philippe Varin, à une exception près. Jean-Luc Mélenchon, le
co-président du Parti de gauche, n'applaudit pas sur RMC et BFM TV :

"J'appelle cela un voyou , a déclaré l'ancien candidat à la dernière élection présidentielle . Quand on est à la tête d'une
entreprise et que l'on a tout raté, que l'on a licencié 8.000 personnes,
désorganisé les centres d'études et de recherches d'une grande marque
d'automobile française, que l'on a raflé à l'Etat une garantie sans condition
et que l'on s'en va au bout de cinq ans avec 21 millions de retraite chapeau,
cela s'appelle un voyou.
"

L'avis de Jean-Vincent Placé

Jean-Vincent Placé entretient son image de flingueur
politique et c'est Pierre Moscovici qui est dans le viseur du chef de file des
sénateurs écologistes :

"La France est un pays qui ne s'autorégule pas.
C'était une proposition de François Hollande de faire en sorte qu'il y ait une
législation sur les retraites chapeau et l'arbitrage qui avait été fait était
de trouver une charte éthique.
"

Le Premier ministre poursuit ses consultations sur la
réforme de la fiscalité. Une remise à plat nécessaire pour le sénateur écolo.
La faute à qui ? Et bien encore à Pierre Moscovici : "Il s'est aperçu quand il y a eu ce désordre fiscal
qu'il fallait une remise à plat de tout cela
", estime le sénateur écologiste.

Jean-Vincent Placé aura l'occasion de tacler à nouveau ses
camarades socialistes lors du congrès d'Europe Ecologie les Verts, samedi à
Caen.

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