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La "marche des doléances" d'un agriculteur

Pierre Priolet vient de terminer une longue marche, de la Provence à Paris. Pendant quarante jours à pied, cet agriculteur a marché de village en village, avec à chaque fois des étapes de vingt ou trente kilomètres, pour rencontrer les Français et recueillir leurs témoignages. Pierre Priolet renoue avec l'esprit de 1789, celui des cahiers de doléances. Juste avant la Révolution, des milliers de personnes avaient consigné leurs témoignages et leurs revendications, pour préparer la réunion des Etats généraux.

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Depuis quarante jours, Pierre Priolet utilise la même méthode. Cet agriculteur de Provence, vous l'avez sûrement déjà entendu : il parle fort, quelquefois il s'emporte. Il accuse la grande distribution et notre système de consommation. Selon lui, les chaines de supermaché étranglent les producteurs. Elles exigent des prix tellement bas que beaucoup d'agriculteurs ne peuvent pas se payer correctement. A la fin de l'année 2010, Pierre Priolet a d'ailleurs arraché son propre verger, ses 13 hectares de poiriers. Il n'avait pas les moyens de continuer.

Depuis, il a élargi son combat. Il a créé un site - baptisé "consommer juste" - pour rapprocher les consommateurs et les producteurs. Il plaide pour des circuits courts, où chacun trouve son intérêt : les consommateurs peuvent acheter de bons fruits et de bons légumes à un prix raisonnable et les agriculteurs peuvent se rémunérer.

La nouvelle étape, c'est donc cette marche des doléances qui vient de s'achever. Sur le site de Pierre Priolet, vous lirez et vous entendrez des témoignages recueillis en Provence, en Bourgogne ou en Ile-de-France. L'agriculteur demande à ceux qu'il rencontre : "quelle société et quelle alimentation voulez-vous ? " Les réponses sont parfois concrètes et parfois plus politiques. Un jeune homme parle du prix du pain. Un autre dénonce les salaires fous de certains patrons. Un ancien artisan se plaint des cotisations trop élevées, qui empêchent d'embaucher, dit-il. Une femme rêve de trouver "la qualité au supermarché du coin ". Beaucoup se plaignent des "belles paroles" prononcées par les dirigeants politiques, loin de leur vie quotidienne.

Parmi ces Français, il y a sûrement des électeurs de gauche, de droite et d'autres qui ne votent pas. Mais ils ont un point commun. Ils sont persuadés qu'il faut changer de société. "Si on continue comme ça , dit l'un d'eux, on va dans le mur ".  

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