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En Suisse, le procès de Laurent Ségalat, un généticien français accusé de meurtre

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Cette affaire est un mystère. Elle débute le 9 janvier 2010, à Vaux-sur-Morges, un village suisse de 170 habitants. Dans le journal Le Temps, Fati Mansour raconte cette soirée : il neige dans le canton de Vaud ; les secours reçoivent un coup de fil ; ils sont appelés au chevet d'une femme de 66 ans, retrouvée chez elle, inanimée. Quand ils arrivent, il découvrent un corps sans vie, couvert de plaies, d'ecchymoses et de fractures.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Dans la maison familiale, un homme les attend. Laurent Ségalat est le beau-fils de la défunte. Il affirme qu'il a trouvé le corps en entrant dans la maison, qu'il a tenté de ranimer la femme de son père, en vain, et qu'il a ensuite prévenu les secours.

A première vue, son récit est cohérent. Laurent Ségalat est un généticien reconnu. Il a 45 ans. Il a écrit plusieurs livres, il a participé au Téléthon. A Villeurbanne, il dirige le centre de génétique moléculaire et cellulaire. Le Français n'a jamais eu de problème avec la justice. Pourtant, très vite, les enquêteurs l'accusent du meurtre de sa belle-mère.

Selon eux, Laurent Ségalat a frappé plusieurs fois sa victime, dans la buanderie de la maison. Il lui a serré le cou. Puis il a trainé son corps dans une autre pièce. Il a nettoyé la scène. Il a caché ses propres habits maculés de sang dans la machine à laver. Et enfin, il a alerté les secours.

La version du généticien est complètement différente. Laurent Ségalat explique qu'il a découvert sa belle-mère inanimée au pied de l'escalier en béton qui mène au premier étage. Il n'a pas réussi à la ranimer. Et toujours selon lui, s'il a nettoyé le sol et les murs, s'il s'est changé, c'est parce qu'il ne supporte pas la vue du sang.

Deux versions, donc et des manques. Les enquêteurs n'ont pas retrouvé d'arme. Ils n'ont pas découvert non plus de mobile évident. Dans le journal Le Temps, Fati Mansour passe en revue les hypothèses : un meurtre commis par Laurent Ségalat, ou bien le crime d'un autre agresseur ou encore un simple accident. Les expertises scientifiques ont livré des résultats contradictoires. C'est donc au procès, à partir de demain, que le généticien français va essayer de convaincre les juges. Rien n'est joué.

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