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À Sofia, en Bulgarie, des chiens errants attaquent les habitants

Le phénomène ne date pas d'hier, mais il a rarement été aussi important. On compte près de 10.000 chiens errants au total dans les rues de la ville, circulant en meute. Et de plus en plus, ils passent à l'attaque.

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Imaginez un professeur d'université à la retraite. Un jour, en fin d'après-midi, il va se promener dans les faubourgs de Sofia. Il est en forme, il marche vite, mais pas assez pour échapper à ses agresseurs. Ce jour là, une meute de chiens errrants se jette sur lui. Combien sont-ils ? 12 ? 15 ? 20 ? Le professeur l'ignore, car les chiens l'attaquent de toute part. L'homme est à terre, blessé. Quelques heures plus tard, il succombe.

Imaginez aussi Mila, une autre habitante de Sofia. Un matin, cette étudiante se rend à un examen de littérature, près de la mairie. Et là encore, des chiens passent à l'attaque. C'est presque devenu banal : chaque année, dans la capitale bulgare, 200 personnes sont mordues.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il prend de l'ampleur. Dans L'Express , Géraldine Catalano décrit le quotidien des Sofiotes (les habitants de Sofia) : certaines mères de familles, quand elles sortent, emportent un boîtier qui diffuse des infrasons. L'appareil éloigne les canidés. Les enfants sont protégés.

De plus en plus nombreux, de plus en plus incontrôlables

Environ 9.500 chiens errent aujourd'hui dans les rues de la ville. Ils circulent en meute : à chaque fois, il y a dix ou quinze animaux. Ils s'adaptent au climat : l'hiver, dans les stations de métro ou près des canalisations de chauffage ; l'été, à l'ombre des parcs. La crise économique les rend plus nombreux et donc plus incontrôlables. L'Express rappelle le salaire moyen en Bulgarie : 350 euros par mois. Une visite chez le vétérinaire devient un luxe, certains propriétaires n'hésitent plus à abandonner leur chien.

La mairie essaie de réagir. Une société est chargée d'arrêter les animaux et de les castrer avant de les remettre en liberté. Mais les moyens sont insuffisants, et il n'est pas question de tuer ces chiens errants : l'euthanasie est réservée à ceux qui sont malades ou agressifs.

Les habitants de Sofia en ont assez. Une quarantaine d'entre eux a porté plainte. À la chute du communisme, 20.000 chiens erraient dans Sofia. Deux fois plus qu'aujourd'hui. C'était une catastrophe. Le retour des chiens errants rappelle aux Bulgares de très mauvais souvenirs.

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