L'empire des séries. Sept grandes séries historiques. "Mad Men", les dessous des années 60 en Amérique

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Chaque jour cet été, on refait la généalogie des séries. Cette semaine, on explore les grandes séries historiques à gros budget. "Mad Men" raconte à la fois l'avènement de la société de consommation, un monde qui change et la chute d'un homme. Une série lente mais précieuse.

Article rédigé par
Laurent Valière - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Jon Hamm dans le rôle de Don Draper dans la série "Mad Men", saison 7. (AMC Studios)

L’histoire de Mad Men débute à la fin des années 50 dans le monde effervescent de la publicité qui invente sur Madison Avenue la société de consommation. La série reconstitue minutieusement le style de l’époque : les fauteuils en cuir avec leur dossier galbé, les lampes de banquiers, les vieilles machines à écrire IBM, les coupes chignon, les robes pigeonnantes pour les femmes, la gomina pour les hommes. Mad Men, dont les sept saisons sont disponibles sur Prime Video, c’est d’abord une atmosphère : une série magnifiquement filmée avec des hommes de dos, et des personnages qui boivent du whisky et fument dans les bureaux.

Mais Mad Men c’est surtout l’histoire d’une chute et d’un imposteur. Le portrait existentiel et mélancolique d’un brillant publicitaire qui sait donner envie  au consommateur d’acheter cigarettes, appareil de photo ou soda en créant slogans et campagnes. Mais qui se ment aussi à lui-même, qui a compartimenté sa vie en cercles distincts : son boulot, sa femme, sa maîtresse. Des cercles qui se rapprochent au fil des saisons.

La fin d'une époque

La série raconte en creux la fin d’une époque. Ces années 60 où les femmes sont encore tenues d’être mère au foyer ou secrétaire obéissante. Où fusent au bureau les blagues misogynes, antisémites, ségrégationnistes ou homophobes. Bientôt, ces jeunes loups seront dépassés par les mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam et la libération sexuelle. Les femmes pourront gagner du galon.

L’élégant anti-héros Don Draper a des allures de Cary Grant, sa femme, de Grace Kelly, Joan la secrétaire fait penser à Sophia Loren. Les intrigues matrimoniales et les adultères se multiplient tandis qu’au bureau, les secrets enfouis ressurgissent. Charge au spectateur de combler les trous : les personnages ne disent jamais ce qu’ils ressentent.

Le créateur Matthew Weiner, fan de David Lynch, a mis six ans pour trouver un producteur. Il adore l’esthétique des années 60 mais les chaînes n’aiment pas le antihéros. Il se fait un nom en écrivant pour Les Soprano. Bien joué, Mad Men reçoit quatre années de suite un Emmy Awards et quatre Golden Globe. Une série subtile et une magnifique étude de personnages. La série intégrale est disponible sur Prime Vidéo.

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