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L'empire des séries. "Paris Police 1900", polar historique sanglant à la Belle Époque

Avec "Paris Police 1900", Fabien Nury, l'auteur de la bande-dessinée "Il était une fois en France", jette un regard cru sur la Belle Époque, qu'il qualifie de "barbare" . Une série historique en forme de polar diffusée sur Canal +.

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Réunion antisémite en 1899 à Paris.
Réunion antisémite en 1899 à Paris. (RÉMY GRANDROQUES / PHOTO NUMÉRIQUE)

Pas si belle, La Belle Époque. C’est ce qu’on retient de cette série signée Fabien Nury qui sait remettre les pendules de l’histoire de France à l’heure. On lui devait un formidable regard sur la collaboration dans sa bande dessinée, Il était une fois en France. Il s’associe au producteur de la série Un village français pour raconter la France à la fin du XIXe siècle : antisémite, minée par une police gangrenée de policiers véreux, et au bord d’un coup d’état.   

La Belle Époque n'était pas si belle que cela

Fabien Nury, auteur de "Paris Police 1900"

franceinfo

La série s’ouvre de façon provocante par la mort du président de la République Félix Faure, aux cotés de sa maîtresse. Dans la rue, des activistes incendient un kiosque à journaux qui annonce la réouverture du procès du capitaine Dreyfus.

Un jeune policier enquête sur la découverte du tronc  d’une femme découpée dans une valise, au sein d’une police très violente. On est loin des Brigades du Tigre. C’est ce que voulait l’auteur Fabien Nury :

"Il se trouve que la Belle Époque est source de mythologies nombreuses, notamment dans un genre que j’aime beaucoup, le polar, souligne Fabien Nury. C’est l’époque de Lupin, de Fantomas. Et après il y a la découverte de la réalité des choses : c’est une époque mouvementée, violente, par certains côtés, barbare." 

La série dresse le portrait de ligues antisémites violentes alors qu’on rouvre le procès Dreyfus.  Fabien Nury explique : 

"Les tarés antisémites de la rue Chabrol, les éditeurs d’un journal qui s’appelait 'L'Antijuif', les dirigeants d’un ligue qui s’appelait 'la Ligue antisémitique de France', tout cela est vrai. Tout comme il est vrai qu’il y avait 23 députés à l’Assemblée nationale, dirigés par l’infâme Drumont."

Des ligues antisémites, des policiers véreux, une menace de coup d'état

La série raconte aussi la modernité qui affleure, la première femme avocate. Et au centre de l’histoire, le préfet de police Louis Lépine, qui a donné son nom au fameux concours. "C’est quelqu’un qui a traversé l’affaire Dreyfus, la laïcité. Et c’est un personnage qui a déjà 53 ans quand démarre l’histoire en 1899."

Le préfet de police Louis Lépine, c’est un homme du XIXe siècle, et en même temps, il a une vision de l’avenir. Remplacer la matraque par le téléphone, c’est quand même ça la mission noble d’un préfet. Cet affrontement presque de western entre le vieux shérif et l’Al Capone antisémite, ça me parlait.

Fabien Nury  

La série magnifiquement filmée et jouée, est lente dans sa narration. Elle vaut surtout pour sa façon de lever le voile sur un pan de notre Histoire encore peu connu.

Réunion antisémite en 1899 à Paris.
Réunion antisémite en 1899 à Paris. (RÉMY GRANDROQUES / PHOTO NUMÉRIQUE)