L'empire des séries. Le fantastique en sept séries (5/7) : "Black Mirror", bienvenue dans le monde numérique

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Chaque jour cet été, on refait la généalogie des séries. Cette semaine, place aux séries fantastiques. En 2011, "Black Mirror" apporte des sueurs froides, comme "la quatrième dimension" dans les années 50.

Article rédigé par
Laurent Valière - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
L'actrice Maxine Peake dans "Black Mirror",  saison 4. (Jonathan Prime / Netflix)

Il y avait dans les années 50 La Quatrième Dimension. Son pendant en l’an 2000, c’est Black Mirror. Une série britannique tout simplement géniale dont les cinq saisons sont disponibles sur Netflix. Comme dans La Quatrième Dimension, pas d’acteur récurrent : chaque épisode est une histoire différente dans un genre différent, du thriller futuriste à la romance.

Mais chacun plonge le spectateur avec vertige dans les possibilités infernales que nous réservent le monde des écrans noirs  Black Mirror et l’intelligence artificielle. Une jeune femme discute par téléphone avec son mari décédé qui devient envahissant. Une mère inquiète pour son enfant lui greffe une puce pour tout savoir de ses mouvements et de sa pensée. Un jeu vidéo de réalité virtuelle entre deux amis d’enfance se transforme de façon inattendue. Une puce installée dans nos têtes comme une caméra de télésurveillance permet de retourner dans le passé… Dans Black Mirror, demain est déjà aujourd’hui. Et il fait peur.

Le futur, ici et maintenant

La série est créée par Charlie Brooker, un satiriste de 50 ans connu pour sa libre parole à la télévision, élevé aux jeux vidéo. Fasciné par ces écrans glacés qui nous envahissent jusque dans la paume de nos mains, et qui sont devenus comme une drogue. Il explore dans Black Mirror les côtés sombres de cette révolution hyper connectée qu’on prend trop souvent pour de la magie. La série belle, bien écrite, bien interprétée, est devenue un phénomène.

Au cours de ses cinq saisons, elle trimballe un coté "devin" : ses auteurs Charlie Brooker et Annabel Jones ont anticipé la nouvelle politique sociale en Chine basée sur une notation de concitoyens, et l’élection d’un comédien à la tête d’un pays comme en Ukraine. La 5e saison fait plus office de commentaire sur ces technologies qui nous transforment et les multinationales qui nous dominent. Charlie Brooker avoue que comme un de ses héros, il consacre 10 minutes par jour à se vider la tête pour échapper à cette tyrannie technologique. Une série  à déguster episode par épisode, sur Netflix.

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