L'empire des séries. La patte d'Arnaud Desplechin sur "En thérapie"

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Chaque jour cet été, on entre dans les coulisses des séries avec Laurent Valière. Comment on passe de réalisateur de film à réalisateur de série. On en parle avec Arnaud Desplechin qui a participé à la réalisation de la série d'Arte "En thérapie".

Article rédigé par
Laurent Valière - franceinfo
Radio France
Publié
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La comédienne Suzanne Lindon dans la série "En thérapie". (Manuel Moutier)

Pour la deuxième saison de En thérapie, Eric Toledano et Olivier Nakache ont fait appel à des réalisateurs d’art et essai pas forcément habités aux séries. Agnès Jaoui, Emmanuel Finkiel, Emmanuelle Bercot et Arnaud Desplechin. En fait, il est le premier que Toledano et Nakache ont contacté. "J'ai dit : raconte-moi  les histoires, c'est les histoires qui m'intéressent. C'est quoi les histoires, les personnages ?, raconte Arnaud Desplechin.

À chaque réalisateur, son comédien. Pour Arnaud Desplechin, ce sera Suzanne Lindon, jeune étudiante en architecture malade. Mais il y avait aussi, pour lui, l’angoisse d’être à la hauteur de Toledano et Nakache. "C’était la réalisation qui m'angoissait. Cet art que Nakache et Toledano ont d’embrasser le réel, le quotidien français. Hors norme, Samba, Le sens de la fête sont des films qui savent embrasser, qui savent peindre un pays. C'est quelque chose que je ne sais pas faire", affirme Arnaud Desplechin.

Dans En Thérapie, il y a beaucoup de gros plans sur le psy et le patient qui se parlent. Même pour cela, la façon de tourner de Desplechin est différente de celle de Nakache et Toledano. "Je ne mets pas ma caméra au même endroit, je suis beaucoup plus près. J'ai des gros plans qui sont plus serrés que les leurs. Ils me disaient d’ailleurs : 'ils sont bizarres tes gros plans'. Je leur répondais : 'ce ne sont pas des gros plans, ce sont des trop gros plans. Et c'est ça que je veux faire'. Comme quand on est ivre du visage comme dans les films d'Ingmar Bergman, quand vous avez entre les sourcils et les lèvres et que vous avez l'impression que le visage va dévorer le plan." 

À l’image, Arnaud Desplechin  a pris le parti de la jeune fille, mais comment cela se filme-t-il ? "Vous franchissez un interdit. Vous mettez un travelling, vous commencez, vous êtes derrière l'analyste et peu à peu, la caméra s'avance, elle s'avance, elle continue à s'avancer et à la fin, vous êtes collé à la névrosée et elle parle et vous voyez son désarroi. Vous êtes de son côté à elle, physiquement. Je suis, moi, à côté de Suzanne Lindon qui joue le désespoir de cette jeune femme", conclut Arnaud Despléchin.

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