L'émission spatiale, France info

L'émission spatiale. "Quelles expériences vous allez faire sur les tardigrades ? Et les calamars ?", demandent Anthony et Evan à Thomas Pesquet

Cette semaine dans "L'émission spatiale", Thomas Pesquet explique comment l'ISS est ravitaillée et présente les expériences qui vont être menées en apesanteur avec de drôles d'animaux. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un tartigrade, tel que ceux qui sont étudiés à bord de l\'ISS.
Un tartigrade, tel que ceux qui sont étudiés à bord de l'ISS. (NASA/AMES RESEARCH CENTER)

Une nouvelle semaine est passée dans l'ISS, et Thomas Pesquet est de retour dans le podcast "L'émission spatiale". Dans ce nouvel épisode, il répond à des questions sur le ravitaillement de la station spatiale. Mais aussi aux expériences qu'il va mener sur de drôles de bestioles, les tardigrades. Sans oublier les calamars !

C'est Emmanuel qui se lance, sur le ravitaillement : comment la livraison est envoyée dans l'espace ? Et "est-ce que vous sortez dans l'espace pour aller la récupérer ?" Thomas Pesquet explique : tout passe par des petites fusées, "dans des véhicules cargo, des petites capsules spatiales qui viennent voler tout près de la station spatiale. Après, il y a deux possibilités : soit les capsules viennent s'arrimer toutes seules automatiquement à la station spatiale, en pilote automatique. Ensuite, nous, on a juste à ouvrir le sas et on a notre livraison. Soit on a un bras robotique, tu imagines, c'est un bras articulé, et on peut attraper la capsule spatiale qui vole tout près de notre station. Et hop ! on l'accroche nous-mêmes à la station. Et ensuite, on n'a plus qu'à ouvrir".

Zacharia s'inquiète pour la plante de coton embarquée dans l'ISS. "Dans l'espace, il n'y a ni oxygène, ni eau, ni soleil, ni lumière UV." Thomas le rassure : "À l'intérieur d'une station spatiale, on a de l'oxygène, on n'a pas de soleil mais on a de la lumière, par les lampes artificielles. Et puis, on a de l'eau qui nous sert notamment à boire. Avec tout ça, on va arriver à maintenir ces plantes en vie".

Mais le plus compliqué, c'est l'apesanteur. "C'est un peu compliqué : il faut maintenir du terreau pour que la plante ne s'envole pas. Pour l'arroser, l'eau flotte. C'est comme la boule de whisky du capitaine Haddock. Ça ne reste pas dans un contenant, dans une bouteille. Donc on l'injecte dans la terre avec des seringues. Et puis, pour le soleil artificiel, on la met dans des serres. Ça fait une lumière rose, c'est joli la nuit, pour faire grandir nos plantes". Tout ça, ce n'est pas que pour la déco de la station spatiale ! "Quand on voudra aller sur Mars et aller très, très loin de la terre, on sera obligés de faire pousser nos propres plantes. Heureusement qu'on apprend comment le faire dans l'ISS".

"C'est quoi leur truc pour résister à tout ?"

Anthony et Evan veulent savoir quelles expériences vont être faites sur les tardigrades. "Et les calamars, aussi", insiste Evan. Mais d'abord, c'est quoi les tardigrades ? "C'est des petits animaux microscopiques, mais qui sont super résistants. Ils arrivent à vivre dans le vide de l'espace. Et ça, c'est incroyable". Mais qu'est-ce qu'on veut savoir ? "Ce qu'on veut faire, c'est les amener dans l'espace et étudier ce mécanisme-là. Comment ils font ? C'est quoi leur truc pour résister à tout ? Donc on va les exposer au milieu très compliqué, très difficile, extrême qu'est l'espace. Et puis, on va regarder leurs réactions. Et puis, si on apprend leurs secrets, on espère pouvoir appliquer ça peut-être sur Terre et apprendre, nous, à être plus résistants, à s'adapter à des environnements qui ne sont pas forcément faits pour nous".

Et les calamars, alors ? "Là, on va étudier l'interaction entre eux et leurs microbes, en symbiose. Dans le corps humain aussi, il y a plein de microbes et il y en a qui attaquent un peu, mais il y en a qui sont un peu bénéfiques. C'est important de comprendre ce qui se passe. Donc, on utilise ces petits calamars comme des modèles pour ensuite appliquer les résultats sur le corps humain. Mais ça va nous faire toute une ménagerie dans la station spatiale. Heureusement, ils sont tous miniatures".

Bébés calamars tels que ceux qui sont envoyés dans l\'ISS.
Bébés calamars tels que ceux qui sont envoyés dans l'ISS. (JAMIE S. FOSTER / UNIVERSITY OF FLORIDA / NASA)

Jeannette, elle, aimerait savoir si les astronautes peuvent recevoir des objets de sa famille ou d'élèves. "Si oui, comment peut-on vous les envoyer ?" Thomas Pesquet explique que dans les cargos de ravitaillement, "il y a toujours un tout petit peu de place pour des colis pour les astronautes. Ça peut être un dessin, ça peut être du chocolat. Ça peut être un objet qui va te faire rire ou qui a une signification pour toi". Mais il est trop tard pour préparer un nouvel envoi : tous les colis sont déjà prêts. "Ça prend beaucoup de temps de les préparer, il faut les envoyer à la NASA, il faut les mettre dans des emballages qui vont bien, et puis, il faut les envoyer à Cap Canaveral pour les mettre sur une fusée pour qu'ils partent dans l'espace... Tout ça, ça prend du temps". Donc, c'est trop tard pour cette fois. "Mais peut être que pour ma prochaine mission, tu pourras m'envoyer des objets !"

Sur cette page, vous pouvez écouter en entier ce nouvel épisode de L'émission spatiale, où l'astronaute Thomas Pesquet répond à des questions d'enfants sur la vie à bord de l'ISS. Un rendez-vous à écouter chaque samedi à 10h44 et 12h51 sur la radio franceinfo et à retrouver en podcast.

Pour faire participer une classe (primaire et collège) à un enregistrement de L'émission spatiale, dans la limite de places disponibles, contactez la Médiatrice de Radio France.

Un tartigrade, tel que ceux qui sont étudiés à bord de l\'ISS.
Un tartigrade, tel que ceux qui sont étudiés à bord de l'ISS. (NASA/AMES RESEARCH CENTER)