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Une censure UMP, deux vainqueurs

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La motion de censure de l'UMP débattue cet après-midi à l'Assemblée nationale. La procédure consacre un duel Copé / Ayrault, en donnant l'avantage à ces deux intervenants que tout oppose.
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Radio France
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Jean-François Copé ne se faisait aucune illusion sur le vote
de sa motion de censure. Elle n'avait aucune chance de renverser le gouvernement. Son but était plus personnel, prendre la tête de l'opposition
au gouvernement. L'opération est réussie. Jean-François Copé a démontré sa capacité
à incarner une opposition structurée. Son discours, il l'affirme lui-même, c'est un " message
d'alerte ". Faute de suivre la politique que défend le président de l'UMP,
le "gouvernement marche avec détermination vers l'abîme ", accuse Jean-François
Copé. Il conjure le gouvernement Ayrault de changer de politique.

"Pas de faire une politique de droite, précise Jean-François
Copé, mais de faire une bonne politique ".

le termes choisis sont assez forts, Jean-François Copé a de
l'énergie, il entend, littéralement, être le premier des opposants à la politique
du gouvernement.

Mais il ne se
contente pas de critiquer, Jean-François Copé propose également une autre
direction.

Sans aller jusqu'à élaborer un programme définitif clé en
main, Jean-François Copé propose son approche : libérer le front des
producteurs. Nicolas Sarkozy vantait les mérites du  " travailler plus pour gagner plus ". Jacques Chirac voulait " libérer les énergies ". Jean-François Copé conjugue les slogans des deux précédents
présidents de la République issus de son camp, il vante les mérites de ceux qui
produisent, et veut "libérer le front des producteurs ". Il se positionne donc en futur meneur, au sens de leader, de
la droite. Son discours est donc un discours de positionnement politique,
à l'intérieur de l'opposition.

Jean-Marc Ayrault lui
aussi se positionne comme celui qui mène son camp.

A la différence que le Premier ministre est déjà, par sa
fonction, le chef de la majorité, depuis 10 mois. Mais il lui restait encore à imposer un style. Jean-Marc Ayrault s'y est employé d'une formule, qu'il
fallait oser dans le contexte :  "Je sais où je vais, comment y
parvenir, et comment faire
". L'affirmation peut paraître très simple, trop même, mais elle
présente le mérite de coller à la personnalité du Premier ministre, car elle répond
clairement et simplement à la critique régulièrement portée contre l'éxécutif :
il improvise sans savoir où il va.

"Si, si, je sais où je vais" , répond Jean-Marc Ayrault, en
citant notamment un "Etat désendetté et respecté à la fin du quinquennat,
une fiscalité stable et juste
".

"Ma rigueur " s'est ensuite plu à décliner Jean-Marc
Ayrault, comme en échos au "moi président" de François Hollande, en
vantant sa propre détermination, ou son esprit de responsabilité. Le propos n'a rien de grandiloquent, mais il énonce
clairement une certitude que sa majorité attendait.

Au final donc, Jean-Marc
Ayrault et Jean-François Copé ont réussi leur examen.

Chacun a convaincu ses troupes respectives de sa
détermination. Jean-Louis Borloo a bien compris que cette motion de censure
se jouait à deux. Le centriste est intervenu après les deux premiers rôles, et
il a du déployer tout son brio  d'orateur
pour animer la droite, qui a répondu par les applaudissements  attendus. Mais Jean-François Copé a balayé la performance d'un revers
de la main. Cela prouve que l'opposition est unie, se rengorge le président de
l'UMP. Unie, face à la majorité dirigée par Jean-Marc Ayrault.

10 mois après la présidentielle, les rôles sont désormais clairement
distribués, au moins à l'Assemblée nationale.

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