L'édito politique, France info

Rentrée des députés sous haute tension

Affaiblissement historique du chef de l’État, l'affaire Thévenoud, fronde persistante des députés socialistes. Le cocktail de cette rentrée est explosif pour le gouvernement alors que les députés ont retrouvé les bancs de l'Assemblée aujourd'hui. C'est un "moment difficile" reconnaît d'ailleurs le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.Les explications de Yannick Falt.

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On peut reconnaître au Premier ministre une constance indéniable, Manuel Valls ne dévie pas d'un millimètre. Pas question de changer de politique économique.

" Il n'y a pas d'alternative "

A-t-il de nouveau averti devant les députés socialistes ? 

Pas d'alternative au pacte de responsabilité donc

Une réponse indirecte à Martine Aubry qui a annoncé dimanche qu'elle ferait des propositions pour " infléchir "la politique économique du gouvernement avant d'essayer de calmer le jeu.

Manuel Valls joue donc une fois de plus la fermeté et la dramatisation, lui qui a agité ce week-end le spectre d'un FN aux portes du pouvoir. La question n'est plus " la gauche peut-elle gouverner dans la durée ? " mais " sommes-nous capables de gouverner " ? , analyse-t-il, rappelant au passage que François Hollande n'est que le 2ème Président socialiste de la 5ème République.

Le message aux frondeurs est limpide :

" Nous n'avons pas droit à l'erreur, c'est la crédibilité de la gauche au pouvoir qui est en jeu "

Dans le même temps, Manuel Valls soigne ses troupes parlementaires. Une main de fer dans un gant de velours, c'est sa marque de fabrique. Manuel Valls a pris le temps ce matin. Deux heures devant les députés. Des parlementaires qu'il retrouvera lundi prochain pour un séminaire organisé sur la situation internationale à la veille du vote de confiance.

Vote prévu mardi, dans une semaine tout juste, après une nouvelle déclaration de politique générale. Le matin même, les députés socialistes seront réunis pour un deuxième séminaire, sur les questions qui fâchent : l'économie et le social, en présence cette fois des ministres de l'Economie et des Finances, Emmanuel Macron et Michel Sapin.

Le gouvernement sort le grand jeu pour tenter de sensibiliser les élus à la gravité de la situation

Il faut dire que ce nouveau vote de confiance sera crucial pour l’exécutif. Car la majorité est plus ténue que jamais.

Thomas Thévenoud, cet ex-secrétaire d'État qui oubliait de déclarer et de payer ses împots, reste député, mais il a perdu l'étiquette socialiste.

Le groupe PS ne compte plus que 289 députés, le niveau exact de la majorité absolue. Le gouvernement assure ne pas craindre l'issue du vote, grâce à l'aide notamment des élus radicaux, mais le nombre de députés qui ne voteront pas la confiance sera évidemment scruté à la loupe.

Car les frondeurs menacent d'une "abstention collective"

Les calculettes risquent donc de chauffer à l'Elysée et Matignon. Car l'ampleur du vote de confiance déterminera le futur rapport de force entre l’exécutif et la majorité. Onze socialiste s'étaient abstenus lors du premier vote de confiance en avril. Ils étaient 41 lors pour l'examen des 50 milliards d'économie à venir. Combien seront-ils mardi prochain ? L'emplacement du curseur sera crucial pour les textes au programme : le budget de l'Etat et le budget de la sécurité sociale. Un menu parlementaire qui sera plus ou moins digeste pour le gouvernement.

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