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Radicaux, quand les bons élèves chahutent par obligation

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Finalement, les radicaux de gauche devraient rester au gouvernement. Le vote de leur comité directeur a lieu ce vendredi soir même, mais Jean-Michel Baylet a d’ores et déjà pris acte de la main tendue du gouvernement. Fallait-il vraiment en passer par cette vraie fausse menace pour en arriver là ?
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Radio France
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C’est vrai que l’on a envie de dire " tout ça pour ça !" Les radicaux étaient au gouvernement, et au bout du compte, ils y sont toujours. Le suspens n’était pas vraiment insoutenable. Pourtant, cette petite crise radicale n’aura pas été inutile. Les radicaux ne reviennent pas la besace totalement vide au gouvernement. Ils ont obtenu la préservation de la moitié des départements ruraux, dans le cadre de la réforme territoriale. Ce qui n’est pas rien, aux yeux de Jean-Michel Baylet. Président du parti, ex sénateur, et président du conseil générale du Tarn et Garonne. L’un des leurs sera également chargé d’une étude sur l’imposition à la source (faute d’avoir obtenu le retrait de la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu, déjà votée cette semaine). Comme François Hollande l’avait annoncé, il y aura bien un texte sur la fin de vie. Voilà pour les mesures bien visibles. Mais le plus importants ne se situe pas forcément là. Le plus notable, c’est que les radicaux siègeront désormais à la table du petit déjeuner de la majorité, à Matignon, tous les mardis matin. Ils auront également droit à des têtes à têtes avec l’exécutif. Ces attentions se résument en un mot : les radicaux ont obtenu de la considération politique.

Les radicaux n’ont pas vocation à être des supplétifs

Oui, parce qu’ils ont beau être les alliés historiques du PS, les radicaux n’en sont pas toujours été les supplétifs.

Pierre Mendès France Georges, Clémenceau ou Gaston Monnerville, grandes figures politiques citées avec respect par les socialistes étaient issus de leur rangs. Ils tiennent à leur histoire, à leur culture, et au respect. Or, depuis quelques décennies, depuis la rupture du programme commun en 1977, les radicaux sont pris pour des alliés obligés du PS.

Seul Bernard Tapie a pu tenir la dragée haute aux socialistes mais sans vraiment parvenir à transformer l’essai ensuite.

Depuis, ils ont vu d’autres cousin du PS être traités avec bien plus d’égard. Les communistes et les verts du temps de la majorité plurielle de Lionel Jospin. Les écologistes au sein de la majorité Hollande.

Des écologistes mieux traités

Cette semaine encore, Emmanuelle Cosse est en mesure de contredire le porte parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, et la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, à propos de la fermeture de la centrale Fessenheim, sur la base d’un entretien avec le président de la République. Alors qu’Europe écologie les Verts ne fait même plus partie du gouvernement, et appartient à peine de la majorité, après son refus de voter la confiance au gouvernement Valls. Les radicaux n’avaient aucune envie de quitter le gouvernement. Mais ils avaient vraiment besoin d’être publiquement traités avec considération.

Ils sont désormais les seuls alliés du PS au sein de l’équipe Valls. Cette loyauté doit être récompensée, et mesurée comme telle. Pas seulement pour des questions d’ego politique, mais pour rassurer les parlementaires silencieux de la majorité y compris les non frondeurs du PS). Sinon, ils auraient fini par croire que pour exister au yeux de François Hollande et Manuel Valls, il fallait surtout savoir râler. Les bons élèves radicaux ont obtenu le signal inverse, à destination de toute la majorité.  

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