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Peillon, la stratégie de l'édredon

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Le ton est offensif entre majorité et opposition. Droite et gauche se rejettent mutuellement la responsabilité de la mauvaise situation financière de la France. En revanche, le gouvernement s'efforce d'éviter les conflits dans sa relation avec les français.
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Radio France
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A l'Assemblée le gouvernement est offensif, à commencer par le Premier
ministre, Jean-Marc Ayrault, qui accuse le déficit de 5,2% laissé par la
précédente majorité, et qui se vante de l'avoir réduit à 4,3 en 6 mois. Evidemment, l'ancienne majorité n'est pas de cet avis. L'UMP ne veut plus
entendre parler de l'héritage de l'équipe passée, à l'image de l'ancien
ministre Bruno Le Maire. "La croissance zéro, monsieur le Premier ministre, c'est vous !
les mille chômeurs supplémentaires par jour, c'est vous ! les déficits qui
se creusent, c'est vous ! le pouvoir d'achat des salariés qui se creusent,
parce que vous avez refusé de défiscaliser les heures supplémentaires, c'est
vous
!"

Mais le gouvernement a décidé désormais de ne rien lâcher sur la
responsabilité de ses prédécesseurs. Vincent Peillon le ministre de l'éducation
aux prises avec la réforme des rythmes scolaires.

"Vous ne nous avez pas seulement laissé une dette financière, vous
nous avez laissé une dette éducative sans précédent. Il y a 6 mois vous étiez
pour la semaine de 4 jours et demi, mais vous ne l'avez pas fait, vous l'avez
seulement dit. Maintenant nous sommes au pied du mur. Vous vous contredisez,
car vous préférez les discours aux actes. Vos intérêts politiciens aux intérêts
des élèves
". "Démission !" crient les élus UMP à l'encontre du ministre
de l'éducation. L'antagonisme est donc à son comble entre l'opposition et le gouvernement.

Et pourtant, le gouvernement s'efforce
de ne pas donner le sentiment de diviser les français.

L'exemple de la réforme des rythmes scolaires en est la démonstration. A entendre certains députés UMP, le gouvernement se heurte à son propre
électorat avec cette réforme.

"Vos amis enseignants s'y opposent " accuse le député UMP
de Paris, Claude Goasguen. Le ministre de l'éducation serait dans de sales
draps, proche de l'échec. Mais quand on l'interroge, Vincent Peillon s'affiche serein.

"C'est normal que les enseignants protestent, estime le ministre de
l'éducation, cette réforme est difficile
. " Vincent Peillon sait que ses rivaux rêvent de le voir dénoncer le
corporatisme des enseignants, il s'en garde bien. Au contraire, il prend soin
de ne pas dresser des camps les uns contre les autres.

C'est difficile pour les enseignants, inquiétant pour les parents,
compliqué pour les mairies... alors Vincent Peillon mène son tour de France,
explique la souplesse de sa réforme, qui laisse la liberté aux maires de "construire
leur projet éducatif
 ". Et s'ils sont plus nombreux à décider d'appliquer cette réforme en
septembre 2014, après les élections municipales, le ministre fait comme si cela
ne posait aucun réel problème.

Cela correspond à une stratégie politique,
minimiser les polémiques.

On peut y voir la politique de l'autruche, qui nie les difficultés. Mais certains
socialistes se souviennent  d'une formule
très courue au PS par le passé. La stratégie de l'édredon, qui encaisse et
endort les coups. Elle était l'apanage d'un certain François Hollande. Il a
fait des émules.

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