L'édito politique, France info

Nicolas Sarkozy candidat, le remake

Nicolas Sarkozy a mis fin vendredi au suspens en expliquant sa candidature à la présidence de l’UMP sur Facebook. Il annonce son retour en politique, deux ans après s’en être retiré après son échec à la présidentielle de 2012. Mais l’ancien chef de l’Etat en dit finalement assez peu.

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Le message est assez simple, il faut rassembler. Rassembler les Français, rassembler l’UMP, bien que Nicolas Sarkozy ne cite pas le nom du parti. Il entend créer une nouvelle formation, qui rassemble, qui dépasse les clivages traditionnels. C’est cela la "formation politique du XXXè siècle" destinée à "construire une alternative". Il s’agit de mettre la présidentielle de 2017 dans la ligne de mire.

L’objectif a changé, il s’agit d’offrir une alternative, mais Nicolas Sarkozy lui-même n’a pas changé. S’il offre cette perspective, c’est "par devoir". "Rester spectateur serait une forme d’abandon", dit-il. Nicolas Sarkozy  "aime trop la politique et les Français" pour cela. Comme en 2012, le "devoir" guide ses pas.

Cette tribune apparaît donc comme étant assez intemporelle. Elle aurait tout aussi bien pu être publiée la semaine dernière ou la semaine prochaine. Nicolas Sarkozy n’évoque pas l’actualité immédiate. Ni les frappes en Irak, ni la crise internationale ni la récession. Cette candidature apparaît déconnectée de l’actualité politique, afin de ne pas adopter une posture polémique qui contredirait le positionnement rassembleur de Nicolas Sarkozy.

Deux ans et demi pour expliquer pourquoi il peut être et avoir été

Cette candidature apparaît également comme allant de soi aux yeux de Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République ne prend pas la peine d’expliquer pourquoi cela devrait être lui plutôt qu’un autre. Pourquoi il est lui, Nicolas Sarkozy, l’homme de la situation. Nicolas Sarkozy aime la politique, il est "trop passionné par le débat public et l’avenir" des Français, pour ne pas se représenter. Mais le candidat à la présidence de l’UMP ne dit pas pourquoi les Français doivent le choisir.

Evidemment, dans un premier temps, il s’adresse aux militants de l’UMP, pour lesquels la réponse va de soi : "parce que c’est lui, parce qu’il est Nicolas Sarkozy".

Mais il va quand même falloir convaincre les Français de la nécessité de ce retour. Les premières réactions de ses adversaires portent sur le passé de Nicolas Sarkozy. Il dispose de deux ans et demi pour expliquer pourquoi il peut être et avoir été. En deux ans et demi, c’est faisable.

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