L'édito politique, France info

Mariage pour tous : craintes de diviser à gauche, de trop rassembler à l'extrême droite

L'info politique cette semaine, c'est la mobilisation unificatrice des opposants au mariage pour tous, pendant que le président de la République tente d'apaiser la tension auprès des autorités religieuses.

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Les uns se mobilisent, et s'unissent, presque un peu trop,
pour certains. Les autres divisent, à l'inverse de leurs intentions.

Explications: à droite, la mobilisation des anti-mariage pour tous
rassemble une famille un peu éparpillée ces derniers temps. Même si tout le monde n'entend pas battre le pavé, contre le
mariage gay, et contre l'adoption par les couples homosexuels, le sujet suscite
plutôt un consensus, sur le fond. Le récent clivage créé par la succession de Nicolas Sarkozy à
la présidence de l'UMP suscite des divergences sur la forme. Jean-François Copé défilera, puisqu'il a décidé que l'occupation
de la rue devait devenir une des armes de la droite d'opposition. Ce que contestent les amis de François Fillon.

Mais à l'UMP, rares sont ceux qui comme le député Franck
Riester approuvent publiquement le mariage pour tous. C'est qu'à droite maintenant, plus de 10 ans après le PACS,
fortement contesté à l'époque, ce qui dérange désormais c'est l'adoption, et tout
ce qui touche à la famille traditionnelle.

Les anciens opposants à l'union civile entre couple du même
sexe ont intégré cette reforme, mais ils contestent l'adoption, et l'idée qu'une
famille puisse être constituée autour de parents du même sexe. A leurs yeux, la structure famille hétérosexuelle doit
rester un pilier intangible. Cette certitude réunit à l'UMP, mais aussi au centre et à l'extrême
droite.

Le Front national de Marine
Le Pen qui ne veut pas manifester pourtant...

Ce rassemblement chagrine la présidente du Front National,
qui ne veut pas se retrouver alliée à la même cause que l'UMP, qu'elle pourfend
à longueur de journées. Une posture qui réveille ses opposants internes, proches de
la branche historique des catholiques du Front National. Lesquels ont toujours critiqué
les positions de Marine Le Pen sur certaines questions de société. Quand elle
ne se disait pas franchement hostile à l'avortement, ou quand elle refuse de
manifester contre le mariage gay.

 Cette union des
droites contre un texte du pouvoir de gauche resserre les espaces politiques, et
ce n'est pas forcément une bonne chose pour François Hollande.

C'est vrai qu'il
accusait Nicolas Sarkozy de diviser les Français, et c'est pourtant ce que fait
François Hollande avec le mariage pour tous..

  Il s'en défend évidemment. Mais le fait est que le clivage semble bien s'établir entre
la droite d'un coté, et la gauche de l'autre. Pour François Hollande qui prétend apaiser le pays, cet
affrontement ne relève pas des qualités dont il voulait se prévaloir.

Ce soir, il s'efforce donc d'apaiser les tensions, lors de
ses vœux aux autorités religieuses, toutes opposées à ce texte. Le président de la République entend mettre en avant son
engagement de campagne, le mariage pour tous, et l'adoption, oui, mais au nom
de l'intérêt de l'enfant. Les huit représentants des religions chrétiennes, juives,
musulmanes, et bouddhistes ont été reçus dans le salon des ambassadeurs, assis
dans un fauteuil, de façon à engager un dialogue plus convivial, et s'entendre
sur une notion de laïcité commune dans la République.

François Hollande s'attachant à rappeler qu'il s'agit du
mariage civil, et non religieux. Sans revenir sur ses engagements, le chef de
l'Etat veut défendre l'idée qu'un dialogue est possible, entre points de vue
divergents. Le pari n'est pas gagné . Mais les députés socialistes, parmi les plus attachés au
texte voient les choses différemment. Ils observent les anciens opposants au Pacs, s'appuyer sur
cette disposition pour juger le mariage pour tous superflu.

Ils observent également que la France est l'un des derniers
pays à légitimer le mariage gay, après l'Espagne très catholique, où, résume un
député PS, il y a eu beaucoup de manifs des opposants avant, qui se sont tus
après, une fois le texte adopté.

C'est ce qui devrait se passer en France selon lui.

 

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