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Manif pour tous: une dernière pour la joute...

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UMP et socialistes se renvoient l'action des groupuscules d'extrême droite au visage. Alors que Frigide Barjot, victime de menaces, hésite à défiler dimanche, Jean-François Copé confirme sa participation. Le gouvernement l'accuse indirectement d'avoir implicitement encouragé des mouvances et leurs débordements.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Du ministre de l'intérieur Manuel Valls, au patron des
députés, Bruno Le Roux, en passant par différents porte-paroles du PS,  le discours est le même. Tous s'inquiètent des débordements des groupes radicaux d'extrême
droite. Manuel Valls dit même étudier l'interdiction du mouvement du " printemps
français ". Et tous accusent certains dirigeants de l'UMP d'avoir, par
leurs propos, exacerbé le climat, en encourageant, de fait, les actions les
plus musclées.

Ils en appellent à la " responsabilités " des
dirigeants de l'UMP, et réclament " l'apaisement ". Implicitement, il s'agit de faire porter à l'UMP le chapeau
des éventuels débordements auxquels donnerait lieu cette manifestation.

Comme si les actions radicales des groupes d'extrême droite pouvaient
s'appuyer sur  l'entêtement de l'UMP à
vouloir valoriser une manifestation qui n'a plus lieu d'être, une fois la loi
votée, et validée par le Conseil de la Constitution. Le paradoxe existe bien, puisque certains UMP refusent de
manifester dimanche, même si le mot d'ordre de leur parti s'étend à la
politique de François Hollande en général, et sa politique familiale en
particulier.

C'est l'argument de Jean-François
Copé car le président de l'UMP ne conteste pas l'application de la loi.

 

Il l'a dit à Meaux, la ville qu'il dirige. Tout le monde
pourra s'y marier. Cela ne veut pas dire que Jean-François Copé célèbrera des
unions entre homosexuels, mais il déléguera cette compétence à d'autres élus, y
compris ceux de l'opposition, dans sa mairie. Mais il sera bien présent dimanche, écharpe tricolore en
bandoulière, contre la politique de François Hollande. Et si l'extrême droite veut utiliser cette manif pour défier
physiquement le pouvoir, ce n'est pas son problème. Il s'agit d'une minorité
que les forces de l'ordre, sous la direction d'un gouvernement de gauche,
doivent savoir contenir.

La  ficelle est un peu grosse, aux yeux des
socialistes.

C'est ce qu'affirme Laurence Rossignol, secrétaire nationale
du PS. Mais pour l'UMP, il ne s'agit pas de parier sur des
débordements, mais de préparer la suite. Car maintenant que la loi est votée, et applicable, la
mobilisation qu'elle a suscité concerne les électeurs de l'UMP.

C'est ce mouvement là, que Jean-François Copé ne veut pas laisser
retomber, en encourageant ces manifestants à rejoindre le mouvement, à l'occasion
des élections municipales notamment. Pour certains, ses adversaires, cette démarche ressemble à
de la récupération. Pour d(autres, une simple appréciation d'une opportunité. Jean-François Copé gère déjà l'après manif. Il promet haut
et fort qu'il s'agit de la dernière.

Le PS lui aussi pense à l'avenir, en maintenant bien les
projecteurs sur des éventuels liens ou convergences entre la droite et l'extrême
droite.   

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