L'édito politique, France info

Le Koh-Lanta de l’UMP

Il aura besoin d’Alain Juppé et de François Fillon, mais Nicolas Sarkozy ne dit pas un mot de Bruno Le Maire ou Hervé Mariton. La différence de traitement ne perturbe pas les rivaux de Nicolas Sarkozy, au contraire, ils espèrent en tirer parti.

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Ils ne s’en vanteront pas, mais ils ont un point commun, ils sont persuadés de pouvoir retourner la situation à leur avantage. Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire ou Hervé Mariton, sont des alliés objectifs, face à Nicolas Sarkozy. Nous assistons à une sorte de Koh-Lonta de la droite. Aux jaunes, le camp de l’UMP. Aux rouges, celui de la présidentielle.

Mais voici que la production envoie chez les jaunes le finaliste de l’année précédente. Nicolas Sarkozy. Il vise l’autre bout de l’île, le camp présidentiel où sont déjà installés Alain Juppé et François Fillon. Les jaunes, ce sont les candidats à la présidence de l’UMP, Bruno Le Maire et Hervé Mariton. "Nous allons tous nous rassembler contre les rouges", leur promet Nicolas Sarkozy. Mais les jaunes veulent concourir sous leur propre bannière. Ni les uns, ni les autres, n’ont intérêt à laisser Nicolas Sarkozy conquérir le collier d’immunité. 

Les soutiens de Bruno Le Maire courtisés

Alors cela commence par une épreuve éliminatoire, la présidence de l’UMP. Une épreuve que Nicolas Sarkozy est certain de gagner. Il a même tendance à se comporter comme si c’était déjà fait. Nicolas Sarkozy a rencontré plusieurs soutiens de Bruno Le Maire, pour développer sa stratégie. A tous, il a parlé de l’après-élection interne. Aux uns, il a fait valoir sa volonté de rassemblement. Avec mansuétude, il assure qu’il comprend un choix effectué avant sa propre entrée en lice. Et suggère qu’il serait bienvenu de saisir sa main tendue une fois cette formalité élective passée. 

Avec d’autres, Nicolas Sarkozy se montre un peu moins compréhensif, le soutien à Bruno Le Maire ne lui paraît pas compréhensible, puisque c’est lui, le futur président de l’UMP, distributeur d’investitures électorales. Sa victoire paraît tellement évidente à ses supporters, que certains de ses proches se demanderaient même si l’ancien ministre de l’Agriculture devrait pas renoncer à l’affronter pour la présidence du mouvement.

Prendre date pour Le Maire et Mariton

Et Bruno Le Maire pourrait l’envisager ? Certainement pas. Il est invité du 20 heures de TF1 ce lundi soir, pour y développer sa démarche, avec meeting à suivre à Saint-Maur, près de Paris. Bruno Le Maire a tout à gagner de sa position de challenger. Il est celui qui ose défier Nicolas Sarkozy, au sein de sa propre famille. Quel qu’il soit, son score lui permettra de prendre date.

Sa seule difficulté, c’est de défier Nicolas Sarkozy sans l’agresser. Pour cela, il compte mettre en avant sa jeunesse, gage de renouvellement, et sa volonté de s’opposer en premier lieu à la gauche. Prendre date, c’est également l’objectif d’Hervé Mariton, qui se demande où sont les idées de Nicolas Sarkozy.

Juppé et Fillon jouent la stratégie de l'impavidité

Ces deux challengers de Nicolas Sarkozy font le jeu d’Alain Juppé et François Fillon finalement, les grands rivaux de Nicolas Sarkozy pour 2017. Sauf que pour exister, Bruno Le Maire ou Hervé Mariton ne veulent en aucune façon jouer les poissons pilotes des anciens Premiers ministres. Bruno Le Maire a trop d’ambition politique personnelle pour confier son capital à un autre, aussi éminent soit-il. 

Alain Juppé et François Fillon n’en demandent pas tant pour l’instant. Il leur suffit de se dissocier de ce combat interne, pour conserver la hauteur de leur objectif : succéder à François Hollande en 2017. Leur impavidité face aux appels du pied de Nicolas Sarkozy constitue la meilleure façon de cantonner Nicolas Sarkozy sur l’île de l’UMP. D’ailleurs, avant l’épreuve du feu de la présidentielle, Alain Juppé réclame des primaires ouvertes à d’autres équipes (UDI et Modem). Le maire de Bordeaux veut un nouveau Koh-Lonta. 

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