ÉDITO. Nicolas Sarkozy adoube Gérald Darmanin pour 2027, et rêve toujours d'une OPA sur la macronie

Dans le deuxième tome de ses mémoires, "Le temps des combats", l'ex-chef d'État loue les "qualités évidentes" de Gérald Darmanin pour l'Élysée, et voit en lui "un des quadragénaires les plus prometteurs".
Article rédigé par franceinfo - Aurélie Herbemont
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Nicolas Sarkozy et Gérald Darmanin en octobre 2018 à Paris lors de l'hommage national aux Invalides à Charles Aznavour. (LUDOVIC MARIN / AFP)

C'est un passage d'un nouveau livre politique qui va encore faire couler beaucoup d'encre. Dans le deuxième tome de ses mémoires, Le temps des combats, qui sort en librairie mardi 22 août, Nicolas Sarkozy adoube sans détour Gérald Darmanin pour 2027. "Saura-t-il franchir l’étape ultime, celle qui mène à la présidentielle ? Je le lui souhaite", écrit l’ancien président. 

Et l'ex-chef de l'État de se lancer dans une liste des "qualités évidentes" du ministre de l'Intérieur : "une clarté dans l’expression, le sens et la compréhension des aspirations populaires, et l’énergie sans laquelle aucun talent n’est utile". Il aime le parcours atypique de Gérald Darmanin, le fait qu’il se soit construit seul, ses origines modestes avec une mère femme de ménage. Il voit en lui "un des quadragénaires les plus prometteurs". "Nous sommes amis et son succès me ferait plaisir", écrit encore Nicolas Sarkozy.

Darmanin s'inspire de Sarkozy

Ce n'est pas vraiment une surprise, car c’est une histoire qui roule entre l’ex et l’actuel locataire de Beauvau. En 2016, Nicolas Sarkozy avait fait de Gérald Darmanin son directeur de campagne pendant la primaire des Républicains. Ils se parlent régulièrement, et se sont encore vus pendant l’été.

Même si Nicolas Sarkozy écrit "il n’est pas moi, je ne suis pas lui", difficile de ne pas voir que l’élu de Tourcoing s’inspire franchement de l’ancien président, notamment dans sa manière d’être un ministre de l’Intérieur hyperactif et omniprésent, qui n’hésite pas à parler cash. D’ailleurs, il commence à y avoir des similitudes dans leurs parcours : ministres du Budget, puis de l’Intérieur. Et depuis les confidences de Gérald Darmanin au Figaro ce week-end, on a compris qu’il pensait à la présidentielle et pas qu’en se rasant. Nicolas Sarkozy délivre tout de même un conseil à son poulain : ne pas laisser l’habileté prendre le pas sur la sincérité.

Des grincements de dents chez LR ?

Ces mots doux de Nicolas Sarkozy à l’égard d’un ministre d’Emmanuel Macron risquent une nouvelle fois de déplaire à sa famille. Cela pourrait aggraver le cas Sarkozy auprès des élus ou des militants qui n’ont toujours pas digéré son absence de soutien à Valérie Pécresse à la dernière présidentielle.

Pour autant, selon Nicolas Sarkozy, comme pour une partie de l’électorat d'ailleurs, la droite ne se résume pas à LR : elle est aussi dans le camp présidentiel. Depuis quelques années, l'ancien président considère que Les Républicains devraient faire alliance avec la majorité présidentielle, non pas pour le plaisir de faire alliance, mais pour faire une OPA de l’intérieur sur la macronie.

LR peut néanmoins se rassurer : Nicolas Sarkozy glisse quand même des amabilités à destination d’Éric Ciotti, le patron du parti. Et loue aussi le présidentiable Laurent Wauquiez, malgré des relations tumultueuses entre les deux hommes : "J’ai toujours trouvé qu’il était le plus brillant de sa génération, dit Nicolas Sarkozy. Je n’ai pas changé d’avis." Et voilà un ancien président à deux doigts de faire du "et en même temps" pour 2027.

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