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Ecologistes : les verts joyeux et les verts grincheux

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Qui sont les vrais verts ? Entre le sénateur Jean-Vincent Placé qui menace régulièrement de quitter le gouvernement, et la ministre du Logement, Cécile Duflot, pour laquelle cette question ne se pose pas, les verts sont-ils vraiment au bord de la crise de nerfs ?
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Radio France
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Les écologistes sont-ils au bord de la crise de nerfs? La question se pose alors que le sénateur Jean-Vincent Placé menace régulièrement de quitter le gouvernement tandis que Céline Duflot, la ministre du Logement exclut cette hypothèse. Mais finalement à en juger le déjeuner qui a réuni les députés
écologistes et leurs ministres ce 1er juillet, les verts ne seraient pas au bord de l'explosion.

La rencontre était prévue depuis longtemps, afin d'établir le bilan
et les perspectives de cette première année au gouvernement. Mais elle est intervenue au lendemain de l'annonce de quelques coupes
budgétaires conséquentes. Sept pourcents en moins,pour le ministère de l'Écologie. Pour Jean Vincent Placé c'est " un signal désastreux ". Le sénateur évoque tout de go un éventuel départ des
écologistes du gouvernement : " Le président ferait une énorme erreur en perdant son dernier
allié" .

Mais dans le même temps, Jean-Vincent Placé prend soin de saluer la
posture du Premier ministre : " Dans la tempête que nous vivons, c'est plutôt Jean-Marc Ayrault le
rocher " Le ton général peut paraître assez agressif, le fond l'est donc un
peu moins. Europe-Ecologie-Les-Verts tente d'instaurer un rapport de force
favorable à ses objectifs, dans le prochain budget.

Le
budget de l'Écologie à la baisse : les
écologistes inquiets?

A priori, non. Pourtant, les deux présidents du groupe à l'Assemblée ne paraissent
pas inquiets. La question de quitter le gouvernement n'a " absolument pas " été
posée au cours de leur déjeuner avec leurs ministres. Ils veulent le croire, la baisse de sept pourcents du budget du ministère de
l'Écologie ne correspond pas qu'à des mauvaises nouvelles. Certains budgets sont affectés ailleurs, ce qui garantirait leur
pérennisation (comme la taxe poids-lourds).

Ils rencontrent Bernard Cazeneuve le ministre du Budget, le 2 juillet.
D'ici là, ils refusent de noircir le tableau. La transition énergétique n'est pas encore morte et enterrée. Pas plus que la fiscalité écologique.C'est un problème de rapport de force politique, justifie
Jean-Vincent Placé.

Quel rapport de force entre écologistes et socialistes ?

Les socialistes jouent sur la défensive depuis l'élection partielle de
Villeneuve sur Lot, et l'élimination de leur candidat dès le premier tour. De Harlem Désir, le premier secrétaire, jusqu'au président de la
République, François Hollande, tous vantent le rassemblement de la majorité, et
réclament des listes d'union aux municipales. 

Très courtisés, les
écologistes se sentent donc en position de force. Ils ne disent pas vraiment non à des listes d'union, mais ils ne
disent pas vraiment oui non plus. Ils laissent les socialistes suspendus à leur bon vouloir. "  Les injonctions " du PS, sont le fruit d'un " esprit paniqué " ,
assure et se rassure le député François de Rugy.

Traduction, le PS a trop besoin des écologistes pour se passer d'eux. Finalement, que le ton soit grincheux, façon Jean Vincent Placé, ou
joyeux, façon François de Rugy ou Barbara Pompili, les écologistes cultivent
tous le même plaisir, se savoir suffisamment indispensables pour faire monter
les enchères.  

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