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De Batho à Montebourg, de la goutte d'eau qui déborde à celle qui fait pschitt

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Après l'affaire Batho, Arnaud Montebourg se fait remettre à sa place par ses amis socialistes et écologistes. Le ministre du Redressement productif persiste à croire que l'extraction du gaz de schiste pourrait se conduire de façon écologique. Au grand dam de ses collègues ministres et élus de la majorité.
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Radio France
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 Non seulement Arnaud
Montebourg, persiste à le croire, mais il s'entête à le dire. Et qui plus est, à le dire au moment même où le Premier
ministre annonce des investissements qu'il veut largement teintés de vert pour
l'avenir.

Alors que les écologistes réclament des gages, et des
garanties concernant la transition énergétique, Arnaud Montebourg réaffirme une
conviction personnelle, et livrée comme telle, " dans très peu de temps  ",
la " technologie  " permettra d'extraire un " gaz de schiste écologique,
où il n'y a pas de pollution 
".

Et dans cette hypothèse, Arnaud Montebourg propose de créer
une agence publique, qui exploiterait ce gaz de schiste propre
, dont la rente financerait
la mutation énergétique tournant le dos aux hydrocarbures.

 Arnaud
Montebourg  provoque un tollé

Il a franchi la ligne, sifflent aussitôt ses collègues
ministres et élus. Le sénateur écologiste Jean Vincent Placé le traite de " nuisible  ".  Il n'est " pas cohérent avec les choix faits lors de la conférence environnementale  "
souligne le ministre Stéphane Le Foll.

La ligne étant que l'extraction par fracturation hydraulique
est interdite en France. Arnaud Montebourg le sait bien, il l'a d'ailleurs précisé
dans son propos. Le ministre du Redressement productif imagine qu'un autre procédé pourrait être trouvé.

Il imagine que ce procédé couterait si peu qu'il dégagerait des marges telles que l'Etat aurait intérêt
à prendre en charge cette extraction. Rien de bien définitif dans les rêves d'Arnaud Montebourg. Mais comme ils interviennent juste après le limogeage de Delphine
Batho, ils prennent un relief particulier.

Philippe Martin, le nouveau ministre de l'Écologie sent la
provocation,  ou une façon de le tester, il
marque aussitôt son territoire. "Il n'y a rien à imaginer autour du gaz de schiste ", répond-il en substance. La ligne du gouvernement, c'est de réduire la dépendance aux énergies fossiles, dont
fait partie le gaz de schiste.

Depuis la Roumaine, Jean-Marc Ayrault appuie le ministre de
l'Écologie :" Il est exclu d'exploiter des gaz de schiste  ", l'objectif
est de travailler " à la transition énergétique, le gaz de schiste  n'est pas dans l'équation.  " précise le Premier
ministre. Fin de la polémique Montebourg sur l'exploitation du gaz de
schiste.

Autre
volet où il y a deux poids deux mesures au gouvernement

C'est vrai, Delphine Batho est persuadée qu'Arnaud Montebourg bénéficie d'une tolérance qui lui a été
refusée. L'explication repose sur la théorie de la goutte d'eau, qui
circule au sommet de l'exécutif.

En critiquant son budget, après des mois de couacs à
répétition, Delphine Batho a versé la goutte d'eau qui a fait déborder le vase
. " Comment défendre au Parlement un budget auquel on ne
croit pas
 ", dénonce un proche du président.

Pour n'importe qui, refuser le budget, c'est se positionner
en dehors de la majorité. Alors que la goutte d'eau Arnaud Montebourg, visible et provocatrice, telle une bulle de savon a été fraîchement cueillie par Philippe Martin.

Elle s'est évaporée avant de tomber dans le vase, elle est
supposée avoir fait pschitt.

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