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L'auto. Faut-il interdire aux assistants d'aide à la conduite de signaler radars et contrôles routiers en cours ?

Un des tous derniers projet de décret du gouvernement vise, au nom de la lutte anti terroriste à interdire au niveau européen les alertes routières échangées entre conducteurs. Les associations d'automobolistes montent au créneau.

Radar de contrôle de vitesse sur une route. Les assistants de conduite les signalent à leurs utilsateurs.
Radar de contrôle de vitesse sur une route. Les assistants de conduite les signalent à leurs utilsateurs. (GETTY IMAGES)

On les appelle des assistants d’aide à la conduite. Ce sont les programmes Waze, Coyote ou Tom Tom qui guident les automobilistes en leur indiquant les bouchons, les déviations possibles, les incidents sur le parcours mais aussi  les emplacements de radars fixes. 

Mais comme ces assistants peuvent communiquer entre eux, rien n’empêche un conducteur de signaler aux autres abonnés, la présence d’un radar mobile ou d’un contrôle de police ou de gendarmerie qu’il vient de croiser sur la route. Or le ministère de l’intérieur a jugé que ces renseignements pouvaient nuire à l’efficacité de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité organisée.

Pour ne pas nuire à l'efficacité de la police

Le 24 avril dernier le gouvernement de Bernard Cazeneuve a déposé une proposition de décret auprès de la commission européenne visant, je cite,"à interdire la diffusion de tout message permettant aux usagers de service d’aide à la conduite de connaitre la localisation des forces de l’ordre pour ne pas nuire à l’efficacité des opérations de police judiciaire ou de police de sécurité routière".

Or c’est là que le bât blesse. Le décret mêle les opérations anti attentats et celles de contrôles routiers. Autrement dit, cela vise toutes les applications smartphones, GPS, sites internet et réseaux sociaux qui indiquent les zones de radars. Ils vont devoir réviser leur fonctionnement sous peine d’une amende salée de cinquième catégorie.

L’un des opérateurs, Tom Tom a déjà réagi en disant que son but était d’abord d’assurer la sécurité et la mobilité de ses usagers. Car dans les faits, comme ces interdictions ne doivent théoriquement couvrir que les, contrôles les plus sensibles pendant un temps limité, il faudra que les opérateurs définissent eux même des zones de brouillard sur leur cartographie. Difficilement réalisable sinon à arrêter de diffuser les infos trafic, météo, etc…

Les associations montent au créneau

Les associations de défense des automobilistes qui se souviennent d’une précédente tentative pour supprimer ces services d’aide à la conduite, tentative avortée sous la vague de protestations qu’elle avait suscitée, les associations donc, montent au créneau. "40 millions d’automobilistes" parle de manipulations d’entre deux tours, de mesure prise en catimini et de récupération politique de la crainte d’actes de terrorisme.

Pour l’association, les outils d’aide à la conduite communicants indiquent aux automobilistes les zones de danger et les incitent donc à respecter les limitations de vitesse. Faux répond la sécurité routière, ces programmes permettent aux automobilistes de ralentir devant les radars et de réaccélérer tout de suite après.

Non à l’interdiction de signaler ces contrôles de vitesse clame à son tour la ligue des conducteurs qui  parle de manœuvre sournoise et se félicite des 100.000 et quelques signatures récoltées en 24 heures par sa pétition. Bref, c’est à nouveau la guéguerre entre partisans du répressif et automobilistes traqués mais rebelles. Et chacun interprète la sécurité routière comme il l’entend.
 

Radar de contrôle de vitesse sur une route. Les assistants de conduite les signalent à leurs utilsateurs.
Radar de contrôle de vitesse sur une route. Les assistants de conduite les signalent à leurs utilsateurs. (GETTY IMAGES)