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Un nouveau mode de scrutin pour les municipales

Une innovation attend les électeurs les 23 et 30 mars, lors des prochaines élections municipales. Pour la première fois, nous allons aussi désigner les élus des communautés d'agglomération et autres communautés de communes. 

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A Nice, le Grand Stade
a été réalisé par la métropole. A Tours, le nouveau tramway a été mis en place
par la communauté d'agglomération. A Lyon, c'est la communauté urbaine qui
supervise le futur quartier de la Confluence. On pourrait continuer la liste
indéfiniment, mais on l'a compris : en France, désormais, ce sont les
présidents d'intercommunalités, comme l'on dit, qui détiennent les pouvoirs les
plus importants.
 

Techniquement, cette évolution va dans le bon sens,
car nos communes sont trop petites pour régler les problèmes à la bonne échelle.
Mais politiquement, elle pose un sérieux souci car les patrons de ces nouvelles structures ne sont toujours pas
élus directement par les citoyens.

Jusqu'à présent, voici
comment cela se passait. Le jour des municipales, nous élisions des conseillers
municipaux, qui désignaient dans un second temps les représentants de la
commune au sein de l'assemblée intercommunale, et ce sont ces conseillers
communautaires qui, dans un troisième temps, choisissaient en leur sein, celui
ou celle qui présiderait la communauté de communes ou d'agglomération. Les citoyens, évidemment, regardaient tout cela d'un peu
loin.

Cette année, donc, changement.
Pour la première fois, dans toutes les communes de plus de 1000 habitants, les
Français auront sur leur bulletin de vote deux listes.
La première, comme
d'habitude, avec les candidats à l'élection municipale. La seconde, c'est
nouveau, avec les délégués de la commune au sein de l'assemblée communautaire.

C'est un progrès,
certes, mais de vous à moi, cela ne changera pas grand-chose
puisque ce sont
ces délégués, élus commune par commune, qui choisiront plus tard leur
président. 

Quelle serait la bonne
solution
 ? C'est simple : demander à tous les habitants de la
communauté d'agglomération ou de la communauté de communes de choisir directement
entre plusieurs listes, menées chacune par un chef de file
. On pourrait même envisager d'élire celui-ci
directement, un peu comme nous le faisons pour le président de la République. Ce
qui donnerait au vainqueur une légitimité démocratique qu'il n'a pas aujourd'hui
et, surtout, permettrait de débattre des grandes questions à la bonne
échelle : où doit passer le tramway ? Où installer l'incinérateur
d'ordures ménagères ? Faut-il ou non construire une médiathèque ?
Etc.  

Si cette réforme, dont
on parle depuis des décennies, n'a toujours pas vu le jour, c'est pour une
raison simple : la plupart des maires y sont opposés . Ils craignent que des
présidents d'intercommunalité désignés de cette manière ne les transforment en
élus de second rang, un peu comme le sont
les maires d'arrondissement à Paris, à Lyon et à Marseille. On peut les
comprendre, mais le problème démocratique reste entier.

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