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Nantes, plus verte qu'il n'y paraît

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Le sommet mondial de la ville durable s'est tenu cette semaine à Nantes et ce n'est pas un hasard : la ville est en effet la capitale verte de l'Europe en 2013. Un titre qui peut surprendre, compte tenu du dossier de l'aéroport Notre Dame des Landes, mais un titre mérité, comme nous l'explique Michel Feltin-Palasse dans l'Actu des Régions.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Vu de loin, on se dit qu'il doit y avoir erreur. Le
projet contesté d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a donné à Jean-Marc
Ayrault, l'ancien homme fort de Nantes , la réputation d'un maire  bétonneur. Et c'est pourtant sa ville qui a
reçu cette année le titre prestigieux de capitale verte de l'Europe
. Cela
paraît paradoxal, et pourtant, ce ne l'est pas.

Commençons d'abord par rappeler
que
Notre Dame des Landes n'est pas l'a berration écologique décrite par
certains.
Je sais bien que je vais me faire des ennemis en défendant ce point
de vue, mais regardons les faits. D'un côté, c'est vrai, cet équipement va
détruire des zones humides d'une grande richesse. Mais ne dire que cela, c'est
oublier plusieurs choses. Premièrement, la disparition de ces zones humides va
faire l'objet de compensations environnementales significatives, même si
elles peuvent être jugées insuffisantes. Deuxièmement, et surtout, ce nouvel
aéroport ne va pas s'ajouter mais se substituer à l'actuel aéroport
Nantes-Atlantique. Or, celui-ci se situe en pleine ville. Ce qui veut dire que
ce transfert va permettre d'une part de diminuer les nuisances sonores
subies par les riverains et, d'autre part , d'aménager sur place
de nouveaux quartiers. Des quartiers qui, autrement, auraient été construits
plus loin, en détruisant des espaces naturels _ ce que l'on appelle l'étalement
urbain. Au total, donc, si l'on prend en compte l'ensemble de ces
éléments, le bilan environnemental de Notre-Dame-des-Landes est beaucoup
plus nuancé
qu'on ne peut le croire en première approche.

Cela dit, en décernant son prix,
l'Union européenne ne s'est pas formellement prononcée sur cet équipement
contesté _ dont elle connaissait tout de même évidemment l'existence. Si
l'Europe a choisi Nantes parmi 17 candidates, c'est pour saluer une démarche
d'ensemble menée depuis des années dans l'agglomération,
et cela à peu près dans
tous les domaines. Je vais prendre quelques exemples :

A Nantes, 100% de la population
vit à moins de 500 mètres d'un espace vert.
Et ils sont nombreux : on en
trouve 2 fois plus qu'à Lyon et à Bordeaux, 10 x fois qu'à Paris.

C'est également Nantes qui, la
première, a réintroduit le tramway en France, dès les années 1980.

C'est à Nantes, toujours, que le taux de recyclage des déchets est passé de 22%
à 38% en 10 ans.

C'est à Nantes, encore, qu'a été
érigé le premier HLM à énergie positive , c'est-à-dire un bâtiment censé
produire plus d'énergie qu'il n'en consomme.

Et bien sûr, depuis
plusieurs années, la ville multiplie les écoquartiers , avec tout l'arsenal
habituel de la ville durable : réduction de la consommation énergétique
des bâtiments, récupération des eaux de pluie, composteur collectif pour les
déchets vert, mixité sociale, etc.

Voilà. Je pourrai continuer cette liste encore longtemps, mais on l'aura
compris : c'est par **erreur que Nantes se retrouve affublée, avec
Notre Dame des Landes, d'une l'image de ville anti-écolo.** Elle est en réalité
l'une des plus en pointe dans ce domaine. Et tant pis si cette analyse ne
correspond pas à l'air du temps.

 

 

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