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Les élus recrutent-ils trop ?

C'est une nouvelle qui tombe mal pour les élus locaux. L'Insee a révélé cette semaine que le nombre de fonctionnaires avait fortement augmenté dans les collectivités locales. 

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Manuel Valls a prévenu : il
est décidé à faire le ménage dans le mille-feuille territorial français. Et ce
n'est pas le rapport que l'Insee vient de publier cette semaine qui devrait
faire changer d'avis le Premier ministre. Celui-ci montre en effet que les effectifs dans les régions, les
départements, les communes et les intercommunalités ont gonflé de 31.000
postes en 2012 . Alors que, dans le même temps, le
nombre de fonctionnaires de l'Etat, lui, a baissé de 25.000 personnes.

Il faut toutefois se méfier de
tirer des conclusions trop hâtives. Car
cette évolution s'explique en partie par de " bonnes " raisons
entre guillemets. La démographie, par exemple. On compte chaque année
300.000 Français supplémentaires, ce qui oblige par exemple à construire
de nouvelles écoles. De plus, la
population vieillit, ce qui entraîne de multiples dépenses pour faciliter
le maintien des personnes âgées à domicile ou financer des maisons de retraite.
Tout cela, évidemment, se traduit dans les effectifs.

La situation économique joue aussi un rôle. En temps de crise, les
chômeurs sont plus nombreux, les familles en difficulté aussi, et les élus
doivent multiplier les actions dans le domaine social.

Reconnaissons-le :
nous-mêmes, en tant que citoyens, sommes parfois contradictoires. Nous râlons en
constatant que les impôts locaux augmentent, mais nous exigeons de meilleurs services : des places en crèche
plus nombreuses, des gymnases flambant neufs ou des médiathèques multimédia modernes.

L'Etat lui-même n'est pas exempt de reproches. C'est lui qui impose aux maires de recruter du personnel pour mettre en
place la réforme des rythmes scolaires. Lui qui incite les maires à développer
les polices municipales alors que la sécurité est théoriquement de son seul
ressort. Lui encore qui demande aux élus de créer des emplois d'avenir pour
lutter contre le chômage des jeunes. Lui enfin qui vote des lois dont les élus
locaux doivent supporter les conséquences financières, comme l'accessibilité
des bâtiments publics pour les personnes handicapées, aussi louable l'intention
soit-elle sur le fond.

Tout cela est vrai. Pourtant, les élus doivent tout de même
balayer devant leurs portes. Les maires, en particulier, ne profitent pas de la
montée en puissance de l'intercommunalité pour faire le ménage dans leurs
effectifs. Au contraire, certains continuent de recruter alors qu'ils ont
désormais moins de compétences à assumer. Cela s'appelle du laxisme ou de
l'électoralisme car, évidemment, quand on crée un emploi, on peut espérer
faciliter sa réélection.

Compte tenu de l'état financier
du pays, ce temps-là, à l'évidence, est révolu.

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