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Le tabagisme varie de 40% d'une région à l'autre

C’était hier la journée mondiale sans tabac. Un fléau qui ne touche pas les villes françaises de la même manière.

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(© Catherine Grain)

Chaque année, le tabac tue en France environ 73 000 personnes, à la suite d’un cancer du poumon, d’un infarctus ou d’une pneumopathie. Mais la répartition géographique de ces décès est très inégale d’une région à l’autre.

Où vivent les plus gros fumeurs ? Selon l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (l’Inpes), on les trouve surtout dans trois régions _ l’Aquitaine , le Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur . A l’inverse, l’Alsace, Les Pays de la Loire et Rhône-Alpes sont moins touchées. Entre les deux, on relève des écarts pouvant aller jusqu’à 40 %.

Dans l’Atlas de la santé, on trouve également des données à l’échelle des quelque 320 zones d’emplois de l’Hexagone. Cette fois, les différences explosent. D’un territoire à l’autre, le nombre de fumeurs varie de un à deux chez les hommes et carrément de 1 à 3 chez les femmes !

Chez les hommes, le tabagisme frappe surtout les ouvriers, les employés et les personnes en situation de précarité. A l’inverse, le tabagisme féminin est plus répandu dans les catégories instruites et aisées. Sans doute parce que la cigarette a été l’un des symboles de l’émancipation féminine des années 1970 et 1980.

Cette différence de comportements se traduit dans la géographie. Le tabagisme masculin, parce qu’il est plus répandu dans les classes sociales les moins qualifiées, est très fort dans les régions industrielles comme le Nord et l’Est de la France, ainsi que dans les ports de l’Atlantique, de la Normandie et de la Méditerranée. Des zones en reconversion industrielle comme Vierzon, Alès, Montceau-les-Mines ou Pontarlier sont particulièrement concernées.

Le tabagisme féminin, lui, se repère davantage dans les régions les plus urbanisées , comme l’Ile-de-France, la Lorraine ou Provence Alpes Côte d’Azur. Les chercheurs notent toutefois que cette différence sociologique entre les hommes et les femmes serait en voie d’atténuation. Quand on analyse le comportement des 15-20 ans, on remarque que le tabac a tendance à se développer chez les jeunes filles issues des milieux sociaux les plus modestes. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

(© Catherine Grain)