Jardin. Des ruches sur les toits à Nice...Vive le miel de béton !

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En ville, de nombreux toits accueillent des ruches. Et pourtant, l'abeille n'est pas l'alpha et l'oméga de la pollinisation... 

Article rédigé par
Isabelle Morand - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les trois ruches sur le toit de l'hotel Florence, à Nice. (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

En ville, les ruches sont de plus en plus nombreuses sur le toit des immeubles. Depuis l’installation, en 2013, de 10 ruches sur le toit de l’Opéra Garnier à Paris, des centaines et des centaines de ruches ont trouvé place sur des toits-terrasses partout en France.

Un menu à 700 plats

À Nice, l’hôtel Florence, engagé dans le développement durable et l’écoresponsabilité, a fait installer trois ruches sur son toit. Les abeilles peuvent aller butiner Promenade du Paillon, dans le jardin Albert 1er et sur les balcons des particuliers.

Liliya Meynard, directrice générale de l’hôtel, sert le miel récolté à ses clients : "Nos trois ruches sur le toit produisent en moyenne 40 kilos de miel par an. Nos clients peuvent observer les abeilles depuis la salle du petit déjeuner. Nous avons installé une télévision qui transmet en direct ce qui se passe sur le toit."

Les abeilles qui vivent en centre-ville peuvent butiner jusqu'à 700 fleurs, un avantage par rapport aux ruches qui se situent dans les campagnes. La biodiversité en ville est énorme et le miel est beaucoup plus goûteux.

Liliya Meynard, directrice générale de l'hôtel Florence à Nice

Monoculture = disette pour les abeilles 

En ville, pas de pesticides et pas de monoculture, la plaie des abeilles. Dans certaines régions en France (et partout dans le monde...), les  immenses surfaces cultivées en monoculture privent les abeilles de nourriture.

Quand des hectares de colza, par exemple, sont récoltés, ils le sont tous en même temps... et les abeilles n’ont plus rien à manger. On peut dire alors qu'elles meurent de faim. En ville, pas de monoculture mais de nombreuses espèces végétales dans les jardins publics et privés, même les friches, qui permettent aux abeilles de butiner des fleurs variées. 

À chacun son métier ! 

Le miel de béton est aussi bon qu’un autre. Il est récolté par des apiculteurs professionnels qui circulent de toit en toit : "Notre apiculteur vient chaque mois prendre soin de nos abeilles et de nos ruches. Il reste à peu près une journée et revient en cas de souci, notamment si des frelons décident de s'attaquer aux ruches." 

Point trop n'en faut... 

Le souci pour les abeilles, c’est que toute médaille a son revers. Pour qu’une colonie d’abeilles vive bien, il lui faut disposer environ de 1 kilomètre carré. Dans certaines villes, comme à Paris, on serait plus proches de 10 ruches au kilomètre carré... Et ça, ce n’est pas bon pour la biodiversité ! Quand elles sont trop nombreuses, les abeilles "piquent" la nourriture d’autres insectes ou pollinisateurs, au risque de créer des déséquilibres dans les écosystèmes.

L’abeille n’est donc pas l’alpha et l’oméga de la pollinisation. Il faut repenser la végétalisation de nos villes, ne plus tondre systématiquement dès le début du printemps et replanter des espèces comme des aubépines, des arbres fruitiers, des prunelliers pour satisfaire les abeilles... et tous les autres pollinisateurs. 

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