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Laurent Joffrin : "Les présidents ont horreur des conférences de presse"

Ce sera l'événement politique et médiatique de la semaine à venir. Mardi soir, François Hollande organise la première conférence de presse de son mandat. A quoi sert cet exercice ? Est-ce un passage obligé pour un président ? L'analyse de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur.

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C'était une promesse de campagne. François Hollande s'était engagé à organiser une conférence de presse tous les six mois s'il était élu afin de rendre compte de ses actions. Ce rendez-vous, avait-il dit, n'aurait pas lieu à l'Elysée mais un lieu neutre "où chacun serait chez lui" . Le président a visiblement changé d'avis : pour cette première conférence de presse du quinquennat, c'est bien à l'Elysée qu'il invite la presse mardi soir. François Hollande, qui avait tenu à marquer sa différence en se déplaçant à plusieurs reprises sur les plateaux des JT, renoue avec la tradition du grand-rendez vous sous les ors de la République.

Un exercice codifié depuis 1958 : "A l'époque du général de Gaulle, les questions étaient
prévues à l'avance, et il apprenait le plan de son intervention par
cœur. Résultat : un jour, un journaliste a oublié de lui poser une question, et il y a répondu quand même !"
raconte Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur. Même si les questions ne sont plus programmées, l'exercice reste contraint : il n'y a pas de droit de suite par exemple : "à peine vous avez fini de poser votre
question, un membre de l'équipe vous retire votre micro. Impossible de
rebondir sur les propos du président"
précise Laurent Joffrin. Qui sait de quoi il parle. Il demande au président Sarkozy son avis sur la monarchie élective, lequel répond monarchie héréditaire...

Alors pour Laurent Joffrin, l'affaire est entendue : "Les présidents ont horreur de cet exercice, car c'est imprévisible. Ils sont face à une arène de journalistes. Nicolas Sarkozy n'en a fait que deux pendant son mandat, et la première avait été catastrophique" . C'est lors de cette conférence, en janvier 2008, que Laurent Joffrin avait d'ailleurs eu une vive altercation avec le président après une question sur la "monarchie élective". "A François Hollande, je poserai peut-être une question sur la 'monarchie furtive'..."

 

 

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