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Une transfusion de sang neuf pour lutter contre le vieillissement

Deux études sont porteuses d'espoir pour lutter contre les poids des années chez l'homme. Mais elles se situent encore à la frontière de la médecine et de la recherche fondamentale.

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 Deux études. Une première équipe de l'Ecole de médecine de l'université de Californie a publié dans la revue Nature medecine une recette qui n'est pas sans évoquer celle du terrible Comte Dracula. L'équipe a clairement montré que l'apport de sang jeune a un effet revigorant sur le cerveau de souris plus âgées.

Face à des exercices de mémorisation, les ainées redeviennent aussi performantes que les plus jeunes, même chose pour leur capacité d'apprentissage : les scores des vieilles souris transfusées n'ont plus rien à envier aux jeunes rongeurs. Cette étude montre très clairement que le cerveau de l'animal âgé garde un potentiel, mais qu'il semble verrouillé par des substances chimiques qui s'accumulent au fils du temps. Selon les chercheurs, il suffirait de l'irriguer avec du sang neuf pour qu'il retrouve une certaine plasticité et améliore ses performances.

Plus de force et d'endurance

Les chercheurs californiens ont remarqué que quand on dénature le sang jeune (en le chauffant) avant de l'injecter aux vieilles souris l'effet "dopant" disparaît. Une deuxième étude a été publiée dans la revue Science par une équipe d'Harvard qui s'est intéressée à la protéine GFD11. Les scientifiques savent que cette molécule est abondante dans le sang des jeunes souris mais que son taux diminue au fur et à mesure du vieillissement, si bien qu'elles faisaient office de candidate idéale pour cette recherche. Lorsque la molécule a été directement injectée chez des souris âgées, les performances s'en sont ressenties et les rongeurs ont retrouvé plus de force et d'endurance ! Leurs muscles cardiaques semblent apprécier cette cure de GFD11. Après quatre semaines de tests, la paroi du cœur des souris âgées, qui a tendance comme pour les humains à s'épaissir en vieillissant, s'affine. Résultat, la taille de leur cœur diminue considérablement pour devenir presque identique à celle d'une souris jeune.

Une idée pas si nouvelle

En 2012, c'est une autre protéine, responsable cette fois de la diminution des capacités d'apprentissage qui avait été mise en évidence par une équipe de Stanford. En créant là aussi une circulation sanguine artificielle entre de jeunes souris et des souris plus âgées, les neurologues avaient pu observer une amélioration des capacités cognitives chez les animaux plus vieux. Les derniers travaux qui viennent d'être publiées ont beaux être très documentés, ils demeurent théoriques et la mise en pratique demandera de nombreuses précautions. Malgré tout, les chercheurs américains sont optimistes et espèrent parvenir d'ici cinq ans à reproduire ces résultats chez l'homme.

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