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Encore trop de questions sur le cancer du sein

Dans quelques jours, ce sera le lancement de la nouvelle campagne d'Octobre Rose, le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein. Et malgré des traitements plus performants, plus ciblés, le cancer du sein n'est pas encore mis en échec.

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En réalité, les derniers chiffres font froid dans le dos. En
2012, près de 49.000 nouveaux cas ont été découverts. Et quasiment 12.000
femmes sont décédées d'un cancer du sein. Beaucoup de questions restent en
suspens : peut-on mieux faire grâce à de nouveaux traitements, grâce au
dépistage ? Et peut-être aussi grâce à un mode de vie plus adapté ?
C'est que ce que nous allons voir avec le Pr Jean-François Morère, qui est le
chef des services de cancérologie de l'hôpital Avicenne et de l'hôpital Paul
Brousse en région parisienne.

Le Pr Morère rappelle qu'il y a différents types de cancer classés
selon leur agressivité. "Il y a des progrès dans certaines formes de
cancers, pas dans d'autres"
. Il ajoute que "deux médicaments
arrivent prochainement pour traiter des cancers agressifs"
.

On entend souvent dire qu'un cancer du sein, détecté à ses
débuts, s'il fait moins d'un centimètre, a plus de chances de guérir. Mais ne
pourrait-on pas dépister plus de femmes et plus tôt? Même si certains
mettent en doute actuellement l'intérêt d'un dépistage de masse par la
mammographie. Selon le Pr Morère, "les femmes sont toujours partantes
pour le dépistage malgré la polémique"
.

Une étude américaine vient de montrer que les femmes qui
mourraient d'un cancer du sein étaient majoritairement des femmes de moins de
50 ans. Or en France, et dans bien d'autres pays, on dépiste à partir de 50
ans. Est-ce qu'on n'est pas en train de se tromper de cible ? Et si ces
dernières années, les études scientifiques ont montré que le mode de vie, et en
particulier l'activité physique, jouait un rôle significatif dans la prévention
des cancers du sein et de leurs récidives, n'a-t-on pas un peu exagéré le rôle
du sport, de l'alimentation, du surpoids ? Le Pr Morère répond à ces
questions et explique que "les facteurs de risques importants
interviennent surtout après la ménopause"
.

Le professeur de participer à un colloque sur le travail et
le cancer du sein. 22% des femmes souhaitent continuer à travailler pendant
leur traitement. Est-ce que le travail, outre l'aspect financier, peut aider
dans le combat contre la maladie sur un plan psychologique? Pour cela, il
explique que "les femmes ont plus envie de travailler pour des raisons
symboliques que financières. Ce sont des femmes actives, d'un plus haut niveau
d'études et d'un niveau socioprofessionnel plus élevé que la moyenne"
.

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