Lenaïg Bredoux, première "gender editor" de France

écouter (3min)

La journaliste de Mediapart est responsable éditoriale aux questions de genre.

Article rédigé par
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Lenaïg Bredoux , journaliste et gender editor de Mediapart. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Trois semaines après les premières révélations sur le producteur Hervé Wenstein en 2017, le New York Times créait le poste de "gender editor". Un journaliste chargé de veiller à ce que les femmes soient plus justement représentées dans les pages du journal. L’idée a ensuite été reprise par El Diaro en Espagne ou le Washington Post aux États-Unis.

En France, c’est le site d’information Mediapart qui s’en est inspiré en confiant à sa journaliste politique Lenaïg Bredoux cette fonction inédite : "Tout le monde est d’accord pour dire que notre traitement de l’information, à nous journalistes, est très souvent biaisé parce que souvent masculin, explique-t-elle. La plupart des personnes que nous citons dans les papiers sont des hommes. Or la moitié de l’humanité est composée de femmes !"

"On parle des femmes de manière très stéréotypée : en tant que victimes ou témoins, mais très peu en responsabilité. Le Covid a été un révélateur : on voyait en première ligne des femmes, aux caisses, à l’hôpital avec les infirmières, à faire l’école à la maison…"

Lenaïg Bredoux , journaliste et gender editor de Mediapart

à franceinfo

Pendant la pandémie, "les plateaux télé étaient très majoritairement masculins avec des personnes en responsabilité qui commentaient l’actualité pendant que les premières lignes féminines étaient au travail. Cela nous a interpelé sur la manière dont on produit de l’information", explique Lénaïg Bredoux.

Son travail consiste donc à veiller à cette question de genre : "L’idée n’est pas de dire qu’il faut rajouter une case 'femme' sur tous les sujets. Mais de montrer la réalité dans sa diversité. C’est un travail de toute la rédaction sinon ça ne marche pas. Il ne s’agit pas d’inventer une réalité parallèle, on rapporte des faits de l’information… Il y a des sujets où les interlocuteurs sont des hommes, on ne va pas inviter une femme juste pour l’inviter ! C’est un travail de recherche en amont, avec le site Les Expertes par exemple."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.