Guillaume de Tonquédec : "Les auteurs français ont beaucoup de malice et d'humour"

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Le comédien, qui joue dans deux des séries vedettes de cette rentrée, "Une affaire française" et "Germinal", préside également cette année le jury du festival de la fiction télé de La Rochelle, qui se termine dimanche.

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Radio France
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L'acteur Guillaume de Tonquédec lors du 14e festival du film francophone d'Angoulême, le 27 août 2021. (YOHAN BONNET / AFP)

En cette rentrée, Guillaume de Tonquédec est un homme très occupé et cette semaine, il a visionné un certain nombre de fictions françaises en tant que président du jury du festival de la fiction télé de La Rochelle, qui se termine dimanche. Un excellent millésime, selon lui. "Je qualifierais cette édition d'excellente qualité, j'ai vu beaucoup de très bonnes choses, confie l'acteur. J'ai beaucoup d'espoir pour la fiction télé française qui s'exporte et se vend bien."

Avec dans les thématiques ou tendances récurrentes : l'empathie ou la solidarité. "Je pense que les auteurs sont des éponges de notre époque, c'est le cas des grands artistes en général : ils se saisissent de ce qui se passe autour d'eux, et le transforment en œuvre de fiction, raconte Guillaume de Tonquédec. Les œuvres que je vois ici sont politiques au sens propre du terme : s'occuper de la vie de la cité. L'époque est sombre et elle est montrée comme telle mais je vois des personnages pleins d'empathie, qui défendent des valeurs de solidarité, et qui tendent la main pour améliorer le sort des autres et du monde. Le constat est noir, on voit beaucoup de drames, mais l'envie de s'en sortir est là. Avec de très beaux personnages de femmes."

Formats courts pour les jeunes

En revanche, la pandémie de Covid-19, présente dans nos vies depuis vingt mois, n'est ni une thématique dans les œuvres, ni un élément du décor. Sans doute en raison de la volonté des auteurs de faire s'évader le téléspectateur, de le sortir de ce quotidien très axé sur le sanitaire et en plusieurs points anxiogène, comme c'est le cas dans les romans ou les films du moment. "Le coronavirus est peu présent, souligne-t-il. La crise sanitaire est mise de côté, sciemment. Je pense qu'on en a tous ras le bol..."

Un téléfilm dans quelques années sur le Covid aura un grand succès. Mais pour l'instant on veut juste en sortir.

Guillaume de Tonquédec

à franceinfo

Comment attirer les plus jeunes vers les fictions françaises ? Sachant qu'ils consomment frénétiquement mais sur des appareils ou formats plus modernes, en passant souvent d'une chose à l'autre. "Les formats courts sont très intéressants, très culottés, je pense qu'une énergie qui vient de là va se répandre aux formats plus longs."

La fiction française se porte bien et s'exporte bien, elle a d'ailleurs battu des records d'audience en 2020. Mais quel est l'ingrédient magique, la patte française ? "Je pense que tout vient de l'écriture et donc des auteurs, le scénario c'est la matière première pour tout le monde, poursuit-il. Si on leur laisse la place, nos auteurs ont beaucoup de malice et d'humour, le sens du drame aussi. On ose de plus en plus aller vers l'émotion, à l'anglo-saxonne, on assume enfin et je trouve ça formidable."

"Germinal" sur France 2 et "Une affaire française" sur TF1

Cette rentrée est un peu l'année de Guillaume de Tonquédec, puisqu'il joue dans deux des nouveautés les plus attendues, les mini-séries Une affaire française sur l'affaire Grégory, qui débute lundi soir sur TF1, et Germinal, déjà sur Salto, bientôt sur France 2. "C'est le hasard, assure l'acteur. Je devais jouer au théâtre au moment du tournage de Germinal, et puis les représentations ont été annulées à cause du Covid-19, du coup j'ai pu le faire... Les deux séries sont intéressantes, avec de très bons auteurs derrière. Je joue un capitaine de gendarmerie dans 'Une affaire française', c'est un personnage qui m'a beaucoup touché."

Enfin, celui qu'on a notamment vu au cinéma dans l'adaptation de la pièce Le Prénom trouve encore le temps d'aller au cinéma avec plaisir, un secteur qui a connu et connaît encore des moments compliqués. "Les films ont été retenus, sans pouvoir sortir pendant longtemps, regrette-t-il. Cela créé un effet entonnoir, il y a beaucoup d'offre, la demande reste à peu près la même, les exploitants ne s'en sortent pas, c'est une année compliquée qui aura des conséquences. J'ai vu beaucoup de très bons films, j'y suis beaucoup allé récemment."

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