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"Une histoire banale", un film à 8.000 euros

Une histoire banale a du être fabriqué en dehors de tous les circuits de financement habituels parce qu'il traite d'un sujet sensible : le viol. Même s'il traite d'un sujet difficile, ce film est sincère, et il est à voir pour l'acharnement et le talent de sa jeune réalisatrice Audrey Estrougo.

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A seulement 29 ans, Audrey Estrougo en est déjà a son troisième film et, dès son coup d'essai, avec Regardez moi , elle avait imposé son goût pour les sujets épineux en décortiquant les rapports entre filles et garçons en banlieue. Cette fois elle a donc voulu parler du viol, en évitant le pamphlet social ou le brulot féministe .

Elle nous raconte avant tout une histoire intime, l'histoire d'une jeune femme pétillante, énergique, qui, suite à un viol, qui est juste suggéré dans le film, va s'enfermer, se calfeutrer, passer par la boulimie, l'abattement ou la colère. Ce qu'elle nous raconte en restant très proche de son actrice, Marie Denarnaud, c'est le corps brisé, la honte, la force qu'il va falloir déployer pour renaître, parler et témoigner .

C'est parce qu'elle signe avant tout un portrait intime qu'Audrey Estrougo réussit à nous toucher tout en livrant un témoignage fort et rare .

Ce film a été difficile à faire et à distribuer. Audrey Estrougo a lancé un appel sur internet et a récolté 8.000 euros, ce qui est un budget minuscule . Elle a tourné en trois semaines en partie chez elle, ce qui d'ailleurs donne peut-être au film son énergie, son intensité très particulière, même si la cinéaste regrette la frilosité des financiers, une tendance à ne vouloir produire aujourd'hui que des comédies

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