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Toni Erdmann, le magnifique !

C'est le film qui a fait chavirer le dernier festival de Cannes, sans pour autant obtenir le moindre prix. "Toni Erdmann" de l'Allemande Maren Ade, le récit hilarant et touchant d'une relation père-fille qui a tout pour devenir un film culte.

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("Tony Erdmann" réalisé par Maren Ade © Komplizen Film)

Rendre hystérique le public cannois en pleine projection, grâce à une scène jubilatoire qui va enflammer les salles, c'est l'un des miracles de Toni Erdmann. Maren Ade aurait pu tomber dans le pathos, le mélo facile. Mais elle évite ces écueils avec un scénario en béton et des acteurs en état de grâce, Peter Simonischek et Sandra Hüller. Ils sont Winfried le père, retraité roi de la blague à deux balles, adepte du coussin péteur et sa fille Ines, businesswoman coincée. Pour renouer avec sa fille, Winfried se crée un personnage Toni Erdmann, faux dentier, perruque de travers, qui va envahir la vie d'Ines à Bucarest en Roumanie, où elle travaille pour une multinationale.

Un film drôle, politique et poétique

L'humour irrésistible de Toni Erdmann n'est pas le seul ressort de ce film, Maren Ade parle aussi du fossé entre la génération post soixante-huitarde du père et celle de la fille, obsédée par la réussite sociale.

Maren Ade porte également un regard pertinent sur la Roumanie d'aujourd'hui, son film est  aussi politique, poétique. Elle a surtout un sens du rythme remarquable, capable d'égarer le spectateur dans les folies de son personnage pour mieux le surprendre avec des scènes cathartiques, où fait rarissime en salles, le public communie avec les acteurs, au-delà de l'écran.

   

("Tony Erdmann" réalisé par Maren Ade © Komplizen Film)