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Pharrell Williams : G I R L

Attention : sur la planète pop, l'homme de 2013 a de bonnes chances d'être aussi celui de 2014. Avec un chapeau de la police montée ou en bermuda à la cérémonie des oscars où il était nommé catégorie chanson originale de film, (pour "Happy" dans "Moi moche et méchant 2"), Pharrell Williams a le vent en poupe, et cela ne va pas s'arrêter là.

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Difficile de résister à l'effet "Pharrell"! Sur ce
disque, d'abord, pour son potentiel "tubesque" avec un album qui
picore dans le meilleur de la pop, digéré par le producteur ultra doué qu'est
ce jeune quadra qui a su rester loin des effets de manches pour se concentrer
sur l'essentiel : faire bouger les gens.

G  I  R  L   s'écrit avec deux
espaces entre chaque lettre, "pour mieux signifier l'importance du mot"
selon le chanteur qui se présente quasi-féministe et parle de ce nouvel album
comme de "sa lettre d'amour pour les femmes" .

Pourtant, l'été dernier, les ligues féministes lui étaient
tombées dessus pour la vidéo du titre Blurred Lines . Le clip du tube de
Robin Thicke - dans lequel Pharrell apparait - a fait le plein de clics grâce à
ses poitrines nues de jeunes mannequins visibles a chaque plan. Pourtant, hors
de question, dixit Pharrell, de le taxer de misogynie :

"Les gens me connaissent surtout pour des trucs
comme 'tes yeux', 'ton corps' tes lèvres' mais il y a une autre facette que les
gens ne connaissent pas, c'est mon profond respect des femmes. 2014, on envoie
des robots sur Mars pour y trouver de la vie mais, en même temps, sur notre planète,
des gens essaient de contrôler la source même de la vie : les femmes.

Chez vous si les femmes décident de stopper l'économie (elles
ne vont pas au travail, ne rentrent pas à la maison, plus de bébés) : vous
diriez  "fini". Donc voilà, les
femmes sont la pierre angulaire de l'humanité. Musicalement, j'ai voulu donner
tout le spectre de cette idée : est-ce que c'est un disque d'activiste ? Non :
c'est ma lettres d'amour aux femmes".

Le chanteur a trouvé sa voie, une cause à défendre et aussi
trouvé la formule magique qui transforme la pop en or : une bonne dose de
Michael Jackson (période Quincy Jones ou Jackson Five), une pincée de Stevie
Wonder, un doigt de Prince, le tout chauffé à feux doux dans un léger velouté
r'n'b parfois carrément moite, à servir très chaud pour réchauffer les cœurs. Mais
aussi mettre le feu dans les pantalons (pour rester poli), comme c'est
clairement suggéré avec Gush , titre franchement cru, histoire de ne pas
passer non plus pour un enfant de chœur.

Pharrell Williams a mis un peu de temps à trouver ce dosage
parfait : le temps de faire ses preuves en trio dans son groupe Nerd, de faire
un premier solo oubliable, et puis de se faire la main sur les nombreuses
productions du tout Hollywood, de Snoop Dog à Britney Spears.

Cette fois-ci, la cuisson est à point et les invités,
toujours piochés dans le carré VIP avec Alicia Keys ou Myley Cirus (pas dans
les meilleurs titres), Justin Timberlake et surtout Daft Punk. Après Get Lucky ,
le duo rend la politesse sur le disque de Pharrell avec Gust of Wind , titre
plein de violons langoureux.

On sait maintenant que Pharrell peut se permettre de porter
des chapeaux ridicules, ça ne l'empêchera surtout pas de faire des bons disques.

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