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Mediapart, la justice et l'affaire Bettencourt

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Mediapart et Le Point condamnés à retirer les enregistrements Bettencourt de leurs sites. Des chercheurs font "pousser" des foies humains. Et le médiateur de Radio France
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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L'invité de l'Hyper revue de presse : Maître Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste du droit de l'édition et du droit de la presse, pour commenter une décision aux lourdes conséquences. La justice a ordonné
hier au Point
et à Mediapart
de supprimer toute citation des enregistrements de l'affaire Bettencourt...

Les deux sites doivent retirer les citations des enregistrements pirates
réalisés chez Liliane Bettencourt par son majordome. Pour la cour d'appel de
Versailles, leur diffusion constitue une atteinte à la vie privée de la
milliardaire. L'amende a été fixée à 10 000 euros par jour de retard. Une
quasi-mise à mort financière pour Mediapart si le site ne s'exécute pas
rapidement.

 

Décision qui provoque une mobilisation sur Internet : rue89 et Arrêt
sur Images
proposent d'héberger les enregistrements. Sur Mediapart ,
c'est un grand bandeau noir qui fait la Une du site depuis hier. Avec un mot
qui se détache en blanc : "Censuré".

Pour
Edwy Plenel
, le fondateur du site d'information, trois ans après les
révélations et la diffusion des fameux enregistrements, cette décision est bien
plus qu'une atteinte à la liberté de l'information : c'est donc un acte de
censure, un sale temps pour les lanceurs d'alerte, et une nouvelle fois la
manifestation de l'existence de deux justices en France, l'une qui accepte la
vérité, et l'autre qui la censure.

Une première médicale assez étonnante au Japon...

Des chercheurs japonais font "pousser" des foies humains : dans un
article publié dans une revue spécialisée relayée par Le Figaro , ils
expliquent la recette et c'est un étrange cocktail. Dans le shaker, ils ont
mélangé différentes cellules humaines, notamment des cellules hépatiques. Et
grâce à leur procédé, miracle : ces cellules se sont spontanément assemblées en
quelques jours dans des structures de foie de quelques millimètres.

La suite est tout aussi étonnante : ces structures de foie embryonnaires ont
été ensuite greffées sur des souris, sur leur tête et sur leur ventre. Des
greffes qui ont pris, les foies greffés se sont mis à fonctionner. La prochaine
étape, ce sera non pas d'obtenir des foies artificiels plus gros, mais plus
petits, des bourgeons, afin de pouvoir les injecter dans un foie humain malade.
C'est la multiplication de milliers de bourgeons de foie qui permettrait alors
de régénérer un foie malade et de guérir le patient.

Une avancée extraordinaire, mais qui va demander encore des années
d'expérimentation. Ces foies articiels pourraient trouver beaucoup plus
rapidement une autre utilité : on prévoit déjà de s'en servir pour tester sur
des souris greffées la toxicité des nouveaux médicaments. Ce qui permettrait
d'éviter le recours à des cobayes humains pour les essais cliniques.

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