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C'était bien le GIA : Marianne rouvre le dossier des moines de Tibéhirine

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Qui a tué les moines de Tibéhirine ? Des réalisateurs ont retrouvé des témoins directs pour un film, témoigages dévoilés par Marianne. Les derniers conseils de Phosphore pour la dernière ligne droite avant le bac. Et par le yoga ou le juron, un mot d'ordre à la mode : "Relaxez-vous !"
Article rédigé par
Radio France
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Marianne à paraître demain rouvre un dossier ancien qui n'a toujours pas
connu d'épilogue judiciaire, celui de l'assassinat des moines de Tibéhirine...

Dans un documentaire qui sera diffusé à la fin du mois sur France 3, les
réalisateurs Malik Aït Aoudia, correspondant de Marianne en Algérie, et
Séverine Labat apportent ce que Marianne considère comme les preuves que
les sept moines de Tibéhirine ont bien été assassinés par le GIA, le groupe
islamique armé, en mai 1996, deux mois après leur enlèvement dans leur
monastère de Notre-Dame de l'Atlas.

Il a fallu des années d'efforts aux réalisateurs pour retrouver les témoins
directs de la tragédie d'il y a dix-sept ans. Ce sont eux qui témoignent dans
le film, et dont Marianne dévoile les témoignages.

Car un doute entoure la mort des moines : ont-ils été tués par le GIA ou
ont-ils été victimes d'une bavure de l'armée algérienne, voire d'une
machination des services secrets ?

Et cette enquête va sans doute relancer la polémique...

Et pourtant pour Martine Gozlan dans Marianne , ce film met un point
final à la récriture de l'histoire algérienne et aux tentatives pour dédouaner
l'islamisme de sa barbarie.

Parmi les témoignages, celui d'Abou Imen, dernier geôlier des moines à la fin
de leur captivité. Il raconte que les moines avaient froid, qu'on leur donnait
de la nourriture avariée, que les plus âgés étaient très malades. Il dit encore
que pour les exécuter, il n'y a pas eu besoin de tirer une seule balle, et
qu'ils ont tous été égorgés au couteau.

Ou encore le témoignage d'Abou Mohamed, un émir du GIA avec cette sinistre
précision : il affirme que les corps des moines ont été enterrés dans la
montagne, et que c'est lui qui a été chargé d'emmener les têtes des moines dans
une voiture pour les jeter sur la route. C'était sous un arbre, à l'entrée de
Médéa, où les têtes seront découvertes par un automobiliste. D'autres
témoignages aussi, d'anciens terroristes, qui parlent à visage découvert dans
le film, face caméra.

Côté judiciaire, le juge anti-terroriste Marc Trévidic tente toujours de faire
la lumière sur la mort des moines. Il a transmis à Alger début 2012 les noms
des témoins qu'il souhaite entendre, il demande aussi qu'on l'autorise à
exhumer les têtes des moines, à pratiquer des autopsies et des expertises ADN
pour identifier les victimes.

Mission qui peut sembler simple, la routine judiciaire, mission
impossible pour l'instant vu les réticences du côté d'Alger, tant l'affaire des
moines reste sensible pour l'Algérie comme pour la France. Reste ce film qui
sera diffusé le 23 mai sur France 3, et tous ces témoignages édifiants à lire
dans Marianne à paraître demain.

Deux invités dans l'Hyper revue de presse : le rédacteur en chef de Phosphore , le magazine des lycéens, derniers conseils pour la dernière ligne droite avant le bac avec 24 pages "spéciales bac" dans le numéro du mois de mai de Phosphore .

Deuxième invité : le rédacteur en chef de Mon Quotidien , qui s'adresse aux 10-14 ans, et de l'hebdomadaire L'Eco , qui décrypte l'économie pour les plus jeunes, avec d'autres conseils, ceux de Mohamed Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, des conseils pour changer le monde. Il donne aussi sa vision de l'économie et du monde dans 20 ans.

Toujours en feuilletant la presse, des conseils pour se relaxer : avec la solution du Figaro Magazine qui promet de vous donner "les nouvelles clés du bien-être", avec un mot d'ordre : "Relaxez-vous !", avec la vogue des cours de yoga, des stages de relaxation en tout genre, des méditations orientales ou des retraites monastiques.

L'autre moyen de se relaxer, il passe par un exercice un peu différent, par la maîtrise d'une autre technique qui s'apprend vite, la technique du gros mot. C'est facile et ça fait du bien, comme le rappelle Le Parisien avec un linguiste, Gilles Guilleron, qui consacre un dictionnaire aux noms d'oiseaux. Finalement, c'est comme le yoga, ça désinhibe et ça canalise l'agressivité...

Et puis c'est démocratique : on retrouve les mêmes insultes dans la bouche d'un président de la République que dans celle d'un ouvrier. Quand on insulte, le masque social tombe et le linguiste a cette jolie formule, "le gros mot devient comme un flagrant délit d'humanité".

Les gros mots, ils ne sont généralement pas très originaux, pas besoin de vous rafraîchir la mémoire, mais quelques conseils à lire dans Le Parisien et Aujourd'hui en France pour varier les plaisirs pour que le gros mot soit aussi un bon mot : la prochaine fois, pensez par exemple à "bouffissure", n'oubliez pas qu'une "guouape" est un petit vaurien, que "ventre saint-gris" ou "palsambleu" a quand même nettement plus d'allure qu'un "merde" bien senti. Et "jarnicoton", c'est quand même autre chose que nom de Dieu... Brassens ne dirait pas le contraire, lui qui l'a si bien chantée, "la ronde des jurons"...

Comment permettre à chacun de mieux s'informer ?

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