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L'hommage de la République à Maurice Genevoix, et à "ceux de 14"

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C'est l'une des étapes du jour d'Emmanuel Macron dans son "itinérance mémorielle". Il est aux Eparges, et a annoncé que Maurice Genevoix, qui en a racontés l'horreur, entrera au Panthéon avant 2020. 

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Radio France
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L'écrivan français Maurice Genevoix, secrétaire de l'Académie française, en 1970. (AFP)

Aujourd’hui, Emmanuel Macron est dans la Meuse, département particulièrement meurtri lors la Première Guerre mondiale. Et c’est aux Eparges que le président de la république a décidé d’aller afin de rendre hommages aux victimes de cette terrible bataille.

Les Eparges, une bataille, terrible parce que violente et inutile

Entre les mois de février et d’avril 1915, la Première Armée Française tente, en vain, de prendre la butte des Eparges, qui culmine à 345 mètres de hauteur et qui s’étend sur un peu plus d’1 km de long et 700 mètres large.

En somme une crête que l’armée française veut prendre afin d’avoir un observatoire pour l’artillerie, une position stratégique essentielle sur la plaine de Woëvre tenue par les Allemands.

Plus de 6000 poilus français mourront au rythme des attaques et des contre-attaques qui se révèleront largement stériles. Les Français prendront bien appui sur la crête, mais ils ne parviendront pas à déloger totalement les Allemands. 

Le témoignage de Maurice Genevoix

Mais si les Eparges ont autant marqué la mémoire de la première guerre mondiale, c’est en raison des nombreux témoignages de l’horreur de ces mois passés dans la boue. Et parmi ces témoins, comment ne pas penser à celui de Maurice Genevoix, académicien, qui simple poilu de 25 ans, qui après plusieurs récits de la guerre, publiera les Eparges en 1923. Ses récits de guerre sont rassemblés en 1949 dans « Ceux de 14 » qui connait un très grand succès.

En 1970, à la télévision, Maurice Genevoix évoque ses souvenirs des Eparges:

"On ne savait pas ce qu’était la boue, mais dites vous  que c’est quelque chose dans laquelle on peut avoir les pieds gelés par un froid humide.  Le lendemain on aura les doigts de pieds amputés. C’est une chose aussi dans laquelle on peut se noyer, car j’ai vu entre février et avril 1915 des blessés légèrement atteints aux jambes, à bout de force, glisser dans la boue et se noyer. Mais aussi et surtout, la leçon que j’ai rapportée  de cette expérience, c’est un sens de la fraternité, de l’identité profonde des hommes confrontés à leur destinée"

Emmanuel Macron est accompagné de la famille de Maurice Genevoix aux Eparges et annonce l’entrée de l’écrivain au Panthéon. Et avec lui, « ceux de 14 »

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