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Histoires d'info. Le lien entre grand froid et pollution a été établi il y a une trentaine d'années

En 1985, on pointe pour la première fois dans les médias le lien entre le grand froid et la pollution. Cette année-là, il a fait jusqu'à −41°C dans le Jura.

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Le quartier de la Part-Dieu à Lyon sous une forte concentration de dioxyde de soufre, le14 janvier 1997.
Le quartier de la Part-Dieu à Lyon sous une forte concentration de dioxyde de soufre, le14 janvier 1997. (GERARD MALIE / AFP)

C’est devenu une habitude, chaque pic de froid se conjugue à un pic de pollution et le lien est clairement établi depuis plus de trente ans déjà. C’est en 1985 que l’on pointe pour la première fois dans les médias le lien entre les deux événements. Un lien qui n’est pas automatique et qui dépend de la conjonction de facteurs climatiques (notamment un anticyclone stable) et des facteurs humains. On pense bien sûr au chauffage, mais ce n’est pas le seul élément.

Le 13 janvier 1985, le journal de 20 heures de TF1 s’attarde sur le cas de Strasbourg, qualifiée de "ville la plus polluée de France". Un journaliste : "On se demande d'où vient le dioxyde de soufre qui a acidifié l'air et qui a fait un bond supérieur à la normale. En ce moment, on parle beaucoup des pluies acides, mais c'est la première fois que l'on peut véritablement toucher du doigt les conséquences de la saturation de l'air par le dioxyde de soufre dans une grande ville. À Strasbourg, on continue cependant à bien respirer. Les appareils de mesure ont été les seuls à s'affoler. Tant mieux, mais qu'en sera-t-il la prochaine fois ?"

Une pollution mesurée depuis la fin des années 1970

Le dioxyde de soufre est l’un des quatre sous-indices, avec les particules fines, l’ozone et le dioxyde d'azote, qui composent l’indice qui permet de caractériser de manière simple la qualité de l’air. Un indice que l’on mesure depuis la fin des années 1970.

1985 marque la première grande vague de froid qui permet de mesurer clairement un lien entre froid et pollution. L’hiver 1985 est particulièrement rude entre le 3 et le 17 janvier. Il fait pendant quinze jours -−15°C en moyenne sur l’ensemble du territoire métropolitain et jusqu’à −41°C dans le Jura. Une vague particulièrement dramatique puisqu’elle causera le décès de 150 personnes, mortes de froid.

Le feu de cheminée pire que le diesel ?

Le dioxyde de soufre n’est plus le principal responsable. Les réglementations et surtout la baisse de la consommation d’énergie fossile – la consommation de fioul domestique est en baisse chaque année – ont entraîné depuis le début des années 1980 une baisse très net des émissions de dioxyde de soufre (−78% depuis 2000). La pollution est aujourd’hui essentiellement la conséquence de l’émission des particules fines, recrachées par les véhicules diesel, mais pas seulement. Il y a bien sûr l’industrie, ou encore les particuliers, dans leurs habitations : une demi-journée de chauffage au bois pollue ainsi autant que 3 500 km parcourus par une voiture diesel et, quand il fait froid, on a envie d’allumer un bon feu.

L'autre élément c'est le dioxyde de carbone, notamment émis par les véhicules à essence (en 2017 pour la première fois depuis 23 ans les émissions de CO2 venant de véhicules neufs ont augmenté) mais aussi pour l’Est de la France par les centrales à charbon allemande. N’oublions pas que la pollution est locale mais elle est aussi importée par le vent, glacial ou pas.

Le quartier de la Part-Dieu à Lyon sous une forte concentration de dioxyde de soufre, le14 janvier 1997.
Le quartier de la Part-Dieu à Lyon sous une forte concentration de dioxyde de soufre, le14 janvier 1997. (GERARD MALIE / AFP)