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Gibraltar, enjeu du Brexit

Il y a enfin l’espoir d’un accord sur le Brexit dimanche à Bruxelles. Mais il y a encore des interrogations au sujet de l’Irlande, des zones de pêche, et surtout de Gibraltar.

Le rocher de Gibraltar, le 6 avril 2017.
Le rocher de Gibraltar, le 6 avril 2017. (JORGE GUERRERO / AFP)

Il y a enfin l’espoir d’un accord sur le Brexit dimanche à Bruxelles. Mais il y a encore des interrogations au sujet de l’Irlande, des zones de pêche, et surtout de Gibraltar, ce rocher sous souveraineté britannique depuis plus de 300 ans. Un petit territoire, un rocher de 7km2, un caillou dans la chaussure hispano-britannique…  

Un territoire britannique jamais abandonné par Madrid

C'est l’histoire d’un petit territoire hyper stratégique car il commande tout de même l’accès à la Méditerranée. Un territoire entre les mains de la Couronne britannique depuis le traité d’Utrecht de 1713, une souveraineté réaffirmée à deux reprises, toujours au XVIIIème siècle. Et c’est à ce titre que Londres n’a cessé de s’accrocher à ce rocher, un rocher sur lequel n’a cessé non plus de lorgner Madrid.

Pour s’en tenir à l’époque contemporaine, un événement produit un brusque regain d’intérêt espagnol pour Gibraltar. Cet évènement c’est la visite de la très jeune souveraine, la reine Elizabeth II. Nous sommes en 1954 et Madrid manifeste violemment sa colère.

Le chauvinisme espagnol prend en même temps un caractère anti-britannique. À Madrid, 20 à 30 000 personnes ont marché sur l'ambassade d'Angleterre en réclamant le retour de Gibraltar à l'Espagne...

Actualités Françaises - 1954

Gibraltar à l'heure du blocus (1966-1985)

Cette montée des tensions au sujet de Gibraltar n’a cependant pas encore atteint son apogée. Une dizaine d’année plus tard, Londres a accordé une autonomie mais pas d’indépendance à Gibraltar, comme elle l’a fait à Malte. N’acceptant plus la localisation du poste frontière et le survol par les avions militaires anglais de l’espace aérien espagnole, Franco prend une décision radicale. On est en 1966.  

Les Gibraltariens sont inquiets. Depuis hier, la frontière est fermée à toutes les voitures, sauf les ambulances

J.T. 20H - 1966

Ce blocus s’est enraciné en raison de l’intransigeance britannique mais aussi de l’échec de Madrid à mener Gibraltar sur la voie de l’indépendance via l’ONU et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En 1967, 99,6% des Gibraltariens avaient souhaité rester au sein de la Couronne Britannique, poussant Franco à poursuivre et à endurcir le blocus du territoire.

Gibraltar enjeu de la construction européenne

1966-1985: on remarque que ce blocus aura survécu à la fin du franquisme donc, mais pas à l’entrée de l’Espagne dans la CEE. C’était l’une des conditions émises évidemment par les Britanniques qui disposaient d’un droit de veto.  

Mais le Brexit change tout à ce statu quo, fragile. Gibraltar a très largement voté contre le Brexit, craignant un isolement total du reste du continent. L’occasion pour l’Espagne de négocier des conditions spécifiques pour le rocher, en échange, bien sûr, d’une souveraineté partagée avec le Royaume-Uni.  

Décidément, après l’imbroglio sur les deux Irlandes et le cas de l’Écosse, avec Gibraltar, le Brexit fait ressurgir des points de crispation historique.  

Le rocher de Gibraltar, le 6 avril 2017.
Le rocher de Gibraltar, le 6 avril 2017. (JORGE GUERRERO / AFP)