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Emmanuel Macron, l'instant Pompidou

A l'occasion du cinquantième anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Georges Pompidou, Emmanuel Macron a décidé de rendre hommage à son prédecesseur.  

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Georges Pompidou en vacances dans sa maison à Cajarc, dans le Lot, en mai 1969.
Georges Pompidou en vacances dans sa maison à Cajarc, dans le Lot, en mai 1969. (JEAN PIERRE TARTRAT / MAXPPP)

Georges Pompidou est arrivé au pouvoir il y a 50 ans, devenant ainsi le deuxième président de la République. Lointain successeur, Emmanuel Macron a décidé de lui rendre un vibrant hommage. Ne pouvant prononcer un discours lors du colloque consacré à Georges Pompidou, Emmanuel Macron recevra à l’Elysée, mercredi 19 juin, les protagonistes de ce colloque.

Il y a d'abord un hommage républicain normal d’un président envers un autre. Mais on sent qu’il se joue peut-être davantage, un fil qu’Emmanuel Macron cherche à rendre visible entre lui et Georges Pompidou.   

Des parallèles objectifs entre les deux présidents

Les parallèles sont nombreux : tous les deux sont des anciens banquiers de chez Rothschild parvenus au pouvoir. Ils sont également attirés par la culture, la littérature, la poésie ou l’art contemporain. Politiquement, aussi, l’élection de chacun des deux s’est faite (et ce sont les deux seuls cas de la Vème république), face à une gauche socialiste très faible, et absente du second tour. En 1969, Gaston Defferre est à 5.01%. En 2017, Benoit Hamon n’est guère plus haut, à 6.3%

Et puis, dernier parallèle, tous les deux ont dû traiter l’épineuse question de la place du Royaume-Uni dans l’Europe communautaire. Sauf que pour Pompidou, ce fut pour son entrée, alors qu'Emmanuel Macron doit gérer sa sortie. Mais il y a aussi des parallèles moins objectifs, plus implicites, qu’Emmanuel Macron aimerait mettre en avant en célébrant ainsi Georges Pompidou.

La nostalgie d'une France "heureuse" et confiante dans la modernité

Emmanuel Macron trouve des choses en Georges Pompidou qui lui plaisent, et auxquelles il aimerait être associé.

Il y a d’abord, un contexte économique et social favorable. Pompidou, ce sont les dernières années des Trente Glorieuses, ces années de forte croissance économique couplée à un ascenseur social qui fonctionnait encore très bien. Pompidou représente une ère de volontarisme industriel.

Au fond, et Emmanuel Macron le formule, s’il sait bien que les années Pompidou sont à jamais révolues, il dit parfois que nous ne revivrons jamais les Trente Glorieuses. C’est l’esprit d’une époque, celle où la France était "heureuse".

Ce qui est bien avec le passé, c’est qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Mais il est vrai que dans la mémoire nationale, cette France, c’est la France qui entrait avec détermination, et surtout confiance dans la modernité. Celle qui allait faire décoller son premier Airbus et qui découvrait la couleur à la télévision.

Emmanuel Macron veut lui aussi incarner une modernité française. Il aimerait certainement retrouver cette confiance fantasmée, là où il doit faire face, davantage, à une défiance.

Georges Pompidou en vacances dans sa maison à Cajarc, dans le Lot, en mai 1969.
Georges Pompidou en vacances dans sa maison à Cajarc, dans le Lot, en mai 1969. (JEAN PIERRE TARTRAT / MAXPPP)