Noa, 23 ans : "C'est aux politiques, aussi, d'apprendre à vivre avec leur époque"

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Tous les jours, Manon Mella donne la parole aux jeunes de 18-30 ans. Lundi 29 novembre, rencontre avec Noa, 23 ans, membre de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE).

Article rédigé par
Manon Mella - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Noa, 23 ans, au siège de la Fédération des Associations Générales Etudiants, à Montrouge (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Direction le siège de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) à Montrouge, où Noa, 23 ans, a décidé de s'engager pour lutter contre les discriminations dans le milieu étudiant. Noa se définit comme non-binaire*, ne se sentant ni tout à fait femme, ni tout à fait homme, même si le genre qui lui a été assigné à la naissance est féminin.

Noa est né.e en Belgique et vit en France depuis six ans. Ayant suivi un parcours universitaire en langues, nous lui avons demandé de réagir à l'entrée du pronom "iel" dans le Robert et à la position du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer pour qui "l’écriture inclusive n’est pas l’avenir de la langue française".

Noa ne comprend pas pourquoi le pronom 'iel' suscite un tel débat. "La langue est faite pour évoluer. Je ne comprends pas pourquoi les politiques sont autant attachés aux anciennes valeurs. Nous on est jeunes, on a des convictions qui ne sont pas les mêmes. C'est aux politiques aussi d'apprendre à vivre avec leur époque."

Pour Noa, reconnaître le pronom "iel", "ça permettrait qu'on puisse déjà l'utiliser dans la législation, par exemple que je n'ai pas à me genrer soit exclusivement au masculin soit exclusivement au féminin quand je vais chercher un appartement."  

"La politique va forcément influencer la manière dont on va vivre"

L'engagement de Noa pour la vie associative étudiante française se prolonge aussi en politique. En Belgique, où Noa est né.e, le vote est obligatoire. Pour Noa, on ne peut pas ne pas voter. "On fait partie d'un pays et la politique de ce pays va forcément influencer la manière dont on va vivre. C'est important d'aller voter et c'est aussi important qu'il n'y ait pas que les extrêmes qui votent". Noa défend le vote obligatoire, même si c'est pour voter blanc. "Peut-être que si il y avait moins d'abstention, le vote blanc serait pris en compte de façon plus légitime."

Noa n'a pas la nationalité française et confie ne pas vouloir la demander à cause de "la politique actuelle". "Il y a tellement de choses qui ne vont pas. La majorité des politiques en France sont des hommes cis blancs ou des femmes qui sont engagées aux côtés d'hommes."

Sans la nationalité française, Noa ne peut pas voter. "C'est frustrant. C'est pas parce qu'on a la nationalité qu'on est plus légitime que d'autres à avoir un impact sur la politique". Pour finir, selon Noa, "il n'y a pas que la présidentielle. Il faut voter dès qu'on peut et il faut s'intéresser à tout ça".

*Lorsque nous nous sommes rencontrés, Noa a demandé d'être genré.e au masculin. À l'écrit, Noa préfère que l'on utilise le point médian.

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