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1914-1918, franceinfo y était. 28 juin 1919 : Un traité de paix au goût de revanche

Cent ans après la Première guerre mondiale, franceinfo raconte les événements clés de 1914-1918 comme s'ils venaient de se passer. Aujourd'hui, "Un traité de paix au goût de revanche".

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La une du quotidien "Le Petit Journal" du 13 juillet 1919, titré "À ton tour Germania !" (BnF-Partenariats / AFP)

1914-1918, franceinfo y était. 28 juin 1919 : Un traité de paix au goût de revanche
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Cette journée vient d’entrer dans l’Histoire : la paix a été signée à Versailles cet après-midi, dans la galerie des Glaces du château, à l’endroit exact où l’Empire allemand a été proclamé il y a cinquante ans après la défaite française de 1870. Isabelle Labeyrie, vous vous trouvez sur le lieu même de la signature du traité de paix. Cette fois, la guerre est bel et bien finie, celui-ci a été signé il y a quelques instants.

Il a fallu quarante-cinq minutes pour que l’Allemagne et les 27 pays alliés apposent les uns après les autres leur signature au bas de ce texte. Ici, dans cette magnifique galerie des Glaces qui a presque du mal à contenir la foule des délégations, avait été proclamé l’Empire allemand. Aussi quel symbole pour l’Allemagne, qui reconnaît aujourd’hui sa responsabilité dans la guerre.

L’Allemagne humiliée se soumet à présent aux conditions draco - niennes des Alliés. Le moment est historique mais se passe sans décorum, sans musique. Autour de la table, ils sont nombreux mais en réalité seuls quatre d’entre eux ont pensé ce traité : le Britannique Lloyd George, l’Italien Vittorio Emanuele Orlando, le Français Georges Clemenceau – le "Tigre", avec son épaisse moustache et son nœud papillon –, et le président américain Woodrow Wilson. Ce dernier semble d’ailleurs très fatigué par ces négociations difficiles et qui durent depuis six mois.

Quelles sont les grandes lignes de ce traité ?

L’Allemagne perd l’Alsace et la Lorraine, qu’elle avait annexées en 1871 et qui sont donc restituées à la France, et une grande partie de ses provinces orientales au profit de la Pologne ; elle est également dépouillée de ses colonies africaines. Au total, l’ancien empire est amputé de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population. Depuis un mois et demi, l’Allemagne n’a cessé de faire des contre-propositions pour obtenir des aménagements, mais rien n’y a fait. Georges Clemenceau ne voulait rien céder.

L’armée allemande est, elle, réduite à 10 000  hommes. Les Alliés imposent une vaste zone démilitarisée le long du Rhin au pays vaincu, et puis, à la demande de la France, Berlin va devoir payer beaucoup. On s’attend à de lourdes réparations financières, dont le montant ne sera fixé que d’ici quelques jours.

Le traité prévoit enfin la création d’une Société des nations, une organisation internationale destinée à préserver la paix en Europe, même si pour l’instant on a surtout l’impression d’assister à une paix des vainqueurs.

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