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1913 en sons | Et Apollinaire parla dans le micro

Chaque jeudi, découvrez un son de la Grande Guerre dans le cadre du projet Facebook "14-18 : France Info y était". Cette semaine, "Le Pont Mirabeau" par Guillaume Apollinaire.
Article rédigé par Grégoire Lecalot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
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24 décembre 1913. Il est 11 heures. Plusieurs écrivains se retrouvent chez un ingénieur délégué par Pathé, Ferdinant Brunot, qui a entrepris il y a quelques années le défi d'archiver la parole d'une époque. Ce jour-là, c'est Guillaume Apollinaire qui s'enregistre : Le Voyageur, Marie et Le Pont Mirabeau

L'écrivain André Salmon, présent ce jour-là, raconte la coulisse : "Il s'écoute, non sans stupeur. Ses amis le retrouvent, mais il ne se reconnaît pas ! Il est en effet des organes profonds de perception auditive dont nous ne jouissons que grâce au phonographe [...] lorsqu'il nous renvoie cette propre voix qui étouffe, quand nous parlons, les dites perceptions profondes, trop délicates ; les voix intérieures eût dit Hugo qui eût aimé l'invention du professeur Brunot. Ainsi à l'audition seconde nous entendons-nous, somme toute, pour la première fois, d'où une assez vive surprise. Après Guillaume Apollinaire, nous connûmes cette émotion, ce trouble, en entendant chanter notre double" (citation extraite du quotidien Gil Blas)

Pour découvrir d'autres archives, retrouvez la Grande Guerre au jour le jour sur la page Facebook "14-18 : France Info y était"

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

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