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Pistorius le Cyborg, les failles du champion

Oscar Pistorius subit actuellement une série de tests psychiatriques, ordonnés par la justice sud-africaine, pour déterminer son degré de responsabilité pénale dans le meurtre de sa petite amie en février 2013.

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(Illustration de Vincent Roché © RevueXXI)

 Il semble que le champion paralympique souffre d'anxiété généralisée. Son procès doit reprendre le 30 juin. Dans la Revue XXI, deux journalistes néerlandais et sud-africain, Fred de Vries et de Taryn Arnott retracent le parcours de cet athlète hors norme et esquissent les failles qui ont pu conduire au drame de février 2013.

Dans leur article intitulé Le Cyborg , Fred de Vries et de Taryn Arnott reviennent sur l'enfance et l'éducation d'Oscar Pistorius. Comment cet enfant amputé des deux jambes à la suite d'une malformation de naissance a été élevé par ses parents dans la négation de son handicap. "Son père lui a appris à ne dépendre de personne, à toujours se débrouiller seul, à ne trahir aucune faiblesse ".

Lors de ses études dans un lycée d'excellence réputé pour ses résultats sportifs, Oscar Pistorius, passionné par le rugby, est repéré et orienté vers l'athlétisme. Le jeune homme se révèle et devient une légende lors des JO paralympique d'Athènes où il remporte sa première médaille d'or sur 400m. Suivront 3 autres médailles d'or à Pékin. Et la consécration en 2012 à Londres, où pour la première fois un athlète handicapé est autorisé à courir avec des sportifs valides. Juché sur ses prothèses, Pistorius atteint les demi-finales.

"Le loser handicapé s'est transformé en super-boiteux, un être surhumain, un cyborg mi-homme, mi-machin e". L'Afrique du Sud s'est trouvée son nouvel "Invictus". Les contrats publicitaires pleuvent.  Il est élevé au rang d'icône. Mais il a son côté sombre. Impatient, colérique, sanguin, Oscar Pistorius est obsédé par la sécurité au point de dormir avec une arme près son lit.

Une arme avec laquelle il tue de plusieurs balles sa petite amie depuis trois ans, le mannequin Reeva Steenkamp. A son procès débuté en mars, il affirme avoir pris sa compagne pour un cambrioleur. Le procureur est persuadé qu'il l'a tuée sciemment après une énième dispute. Le héros déchu risque 25 ans de prison. Son procès doit reprendre le 30 juin, après un mois de tests psychiatriques ordonnés par la justice pour déterminer son degré de responsabilité pénale.

(Illustration de Vincent Roché © RevueXXI)