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Que deviennent les 500 à 600 enfants abandonnés chaque année en France ?

Nés sous X. C'est ainsi que l'on appelle ces enfants nés de père et de mère inconnus, abandonnés à la naissance et confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Les plus chanceux seront adoptés.

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(En Allemagne, on peut abandonner son enfant anonymement en le plaçant dans une "boîte à bébé" (ici, à l'hôpital St Joseph de Berlin). © ZHANG FAN/LANDOV/MAXPPP)

Depuis l'adoption d'une loi, en 1941, qui autorise les mamans à accoucher sans donner leur nom - et ainsi à abandonner leur enfant sans leur laisser la moindre information sur ses origines - environ 500.000 enfants sont nés sous X en France.

Après le traumatisme de l'abandon, beaucoup de ces bébés vont pouvoir prendre un nouveau départ dans la vie, et pouvoir être adoptés. Mais pas tous. Il suffit que la maman biologique maintienne un lien avec l'enfant, ne serait-ce qu'une carte postale chaque année, pour que l'enfant ne puisse pas être adopté et passe ainsi toute son enfance en famille d'accueil.

Confié à son père biologique

Il y a quelques semaines, un cas tout à fait exceptionnel a été jugé à Nantes. Un bébé né de mère inconnue a été confié à son père biologique, quelques mois après sa naissance. Le papa l'avait reconnu après la naissance. Les juges ont donc considéré qu'il fallait mettre fin à la procédure d'adoption en cours. Et le bébé a pu être confié à son père biologique. Mais c'est une première en France : la plupart des enfants nés sous X n'auront pas accès à leurs origines.

L'abandon est un traumatisme, une cicatrice, qui ne se referme pas. Car le plus souvent, ces enfants nés sous X ne sauront jamais d'où ils viennent, qui étaient leurs parents, quelle est leur histoire et pourquoi ils ont été abandonnés à la naissance.

 

C'est pour mettre fin à cette loi de 1941 qui autorise, en France, l'accouchement sous X, que se battent des associations comme "Les X en colère" et sa présidente, Graciane. Elle répond aux questions des abonnés à Mon Quotidien , le quotidien des 10-14 ans.

Au micro : Anne-Laure, Morjan, Gaël et Angelo, des CM1 de l’école Paul-Langevin de Saint-Ouen.

> A lire : Convention des droits de l'enfant - "J'ai droit à une identité"

(© Play Bac Presse / Ugo Emprin)
(En Allemagne, on peut abandonner son enfant anonymement en le plaçant dans une "boîte à bébé" (ici, à l'hôpital St Joseph de Berlin). © ZHANG FAN/LANDOV/MAXPPP)