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La ruée vers l'Iran

Depuis l'accord historique sur le nucléaire iranien signé l'été dernier et la levée partielle des sanctions internationales qui étouffaient l'économie du pays en janvier, les entreprises françaises se lancent à l'assaut de ce marché de 80 millions d'habitants. En six mois, 250 délégations ont fait le voyage à Téhéran!

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(Le pont Tabiat, où se retrouve toute la population de Téhéran © Emmanuel Langlois)
FRANÇAIS DU MONDE 09.07.2016 Téhéran entreprises reportage
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L'Iran, c'est la France des années soixante avec les technologies du XXIe siècle. François Sénémaud, le nouvel ambassadeur de France plante le décor: "Beaucoup d'infrastuctures iraniennes, aéroportuaires, portuaires, le domaine hôtelier, n'ont pas été remises à niveau depuis 10, 20, 30 ans dans ces secteurs-là." Il y a aussi l'énergie avec le pétrole et le gaz. Total est bien placé. L'aérien avec le méga-contrat d'Airbus pour 127 appareils. Dans l'automobile, Renault n'a jamais cessé de produire en Iran et détient 40% du marché. Il suffit de se promener dans les rues de Téhéran pour s'en rendre compte. De petites entreprises se lancent également comme cette parfumerie de Rouen. Les Françaises consomment en moyenne 3 flacons de parfum par an contre 23 pour les Iraniennes.

(Dans le centre de Téhéran. Une bonne partie de la population parle anglais © E Langlois)

Le tourisme en Iran représente aussi un marché à développer avec des sites majeurs et époustouflants comme Persépolis, classé à l'Unesco, ou encore Chiraz. L'Iran est un pays sûr avec une population accueillante et curieuse, comme en témoigne Etienne, touriste bordelais rencontré à Ispahan : "on n'a pas l'impression d'être en Iran tel qu'on l'imagine en France. Les gens viennent vers nous, pour qu'on discute avec eux, il y a pas mal de personnes qui parlent très bien l'anglais, quelquefois même le français. Et puis il y a aussi la jeunesse qui est contente de voir des étrangers dans leurs pays, vraiment un accueil très chaleureux." 

Il faut se rendre au pont Tabiat, dans le nord de Téhéran, pour prendre le pouls de la société iranienne, un ouvrage futuriste et aérien avec des cafés, des restaurants branchés, où se mélange toute la population iranienne. Nathanaël Leprette, alias Yogo, 29 ans, étudiant français en Iran depuis un an, constate: "Il y a la vie publique, dans la rue, où il faut respecter un certain nombre de règles et ne pas se faire mal voir, mais après en privé, quand ils sont au restaurant même, évidemment à la maison, chez eux, à ce moment-là, la culture est très européenne. Les jeunes que je vois ici à Téhéran, ils ne portent pas un grand intérêt pour la religion, quelle qu'elle soit d'ailleurs. Ils ont pas envie de subir un diktat imposé de comment ils doivent croire." Si Hassan Rohani passe pour un réformateur en Europe, c'est surtout un président pragmatique et modéré qui fait avancer son pays à petits pas comptés. Tout le monde sait ici que l'élection présidentielle de l'an prochain en Iran pourrait tout remettre en question."

(Un des innombrables petits commerces pittoresques d'Ispahan © Emmanuel Langlois)

Parmi les secteurs promis à un bel avenir en Iran, le tourisme. Le pays possède un patrimoine unique. Encore faudra-t-il que Téhéran facilite l'obtention des visas, qui relève aujourd'hui d'un véritable parcours du combattant!

"- On a profité d'une remédiatisation positive pour remettre au goût du jour une destination qui était connue et reconnue il y a 40- 50 ans, explique Thierry HOUALARD, directeur général de National Tours, filiale du groupe Salaün, et on s'est dit que l'Iran était certainement la destination en devenir. Très clairement, le public que nous visons est un public de voyageurs et pas nécessairement de vacanciers, qui a déjà abordé des destinations un petit peu culturelles, hors normes, et qui recherche véritablement quelque chose qui n'est plus du tout battu par les masses touristiques, quelque chose de véritablement authentique et d'unique. 

(Le palais de Chehel Sotoun à Ispahan, monument majeur du règne de Shah 'Abbas II © E Langlois)

Ecrire à Thierry Houalard

(Le pont Tabiat, où se retrouve toute la population de Téhéran © Emmanuel Langlois)