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Français du monde. L'expatriation, toujours un sport d'homme

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Une étude menée par le groupe "Expat Communication" auprès de 3 600 couples français à l'étranger montre que dans 91 % des cas, c'est encore madame qui suit monsieur en expatriation.

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Radio France
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Alix Carnot : " En expatriation, on n'a pas le choix, toutes les cartes sont rebattues " (Photo DR)

 Le projet fonctionnera à condition que chacun y trouve sa place

Alix Carnot se souvient de sa première expatriation. Elle avait 25 ans, enceinte de sept mois, en Australie. " Je m'étais dit " cette fois je suis mon mari, la prochaine fois, c'est lui qui me suivra. " Je pensais avoir mon bébé tranquille, le mettre à la crèche et en bonne Française, partir bosser trois mois plus tard. " Sauf que rien ne s'est passé comme prévu. Jamais elle n'a retravaillé là-bas et jamais son mari ne l'a suivie ensuite. On n'apprend bien que de ses échecs. D'après l'étude, les hommes ne sont que 9 % à suivre leur épouse à l'étranger. Le schéma est toujours le même, sauf à la marge peut-être. Dans son livre plein d'humour, " Chéri, on s'expatrie " aux éditions Eyrolles, Alix Carnot fait dans le déminage. S'expatrier, c'est se réinventer. Le sujet est profond, alors elle en parle avec légèreté : " Si on commence en disant " j'ai trouvé un super job, j'ai dit oui, tu me suis ", ça va mal se passer. Ce qu'il faut, c'est expliquer " on me propose un super job, qu'est-ce que t'en penses et qu'est-ce que tu ferais, toi, dans cette aventure-là ? "

Grand chamboule-tout

Alix Carnot est coach. Elle prépare les futurs expats au départ. En couple, la priorité, c'est de trouver tous les deux leur place pour que ça marche, un projet chacun et un projet commun. Comme cette attachée parlementaire à Bruxelles, Science Po, brillante carrière, débarquée en Chine, suivant son mari. " Elle est partie à Shanghai, elle est devenue peintre. Elle a réussi à faire le lien avec sa volonté de changer le monde. Elle a une peinture extrêmement engagée, puissante, où elle réussit beaucoup mieux que ce qu'elle faisait avant. " On a tous quelques passions mises sous cloche, presque oubliées, qui vont éclore à l'étranger. Le moment où jamais. Une experte-comptable devenue tapissière une fois la France derrière elle. Le tout, c'est d'aborder le virage, ce grand chamboule-tout, avec humilité : " Quand on en voit qui partent en nous disant « Je vais à Londres, c'est hyper facile, ce n'est pas une expatriation ", on se dit " Aïe ! Ça va être compliqué ! ". Alors que celui qui dit " Je n'ai jamais quitté mon bled, je pars à Shanghai, ça me terrifie. ", celui-là, ça va être très bien parti pour lui. "

Question de survie

L'autre risque, quand on part à deux ou en famille, c'est de ne pas réussir à communiquer, enfin pour de vrai : " En expatriation, assure Alix Carnot, on n'a pas le choix, toutes les cartes sont rebattues. Il faut tout rechoisir : qui travaille ? Est-ce que je veux travailler. Quel type de boulot ? Qu'est-ce qu'on fait des enfants ? Quand est-ce qu'on rentre ? Où est-ce qu'on habite ? C'est compliqué de mettre des mots là-dessus, mais c'est une question de survie. " Découvrir un pays, s'être découvert soi-même, regarder comme on a avancé depuis ses débuts. Voilà les signes d'une expatriation réussie. Et ce n'est pas une question de durée, ni de billet retour: " Il y en a qui vont partir au Japon, et y rester parce que ça va résonner au plus profond d'eux-mêmes, et c'est fabuleux. Et il y en a qui vont rentrer et ça va être une révélation : " En fait, je ne savais pas, mais je suis Français " et c'est bon aussi. " Au fil des pages, Alix Carnot, à l'enthousiasme insubmersible, nous convainc que chaque projet, chaque départ est unique et est à inventer, avec ses règles à lui, ses critères, parce dit-elle, s'expatrier, c'est sortir du cadre.  

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Sa société, Expat Communication

Retrouvez cette chronique sur Vivre à l'étranger.com, le site internet de la mobilité internationale du groupe Studyrama

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