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Français du monde. États-Unis : un eldorado difficile d’accès

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Avec un taux de chômage d’environ 5% et une flexibilité du marché du travail qui fait que les Américains changent de job tous les trois ans en moyenne, les États-Unis apparaissent comme un eldorado professionnel. Pour autant, s’y installer n’est pas simple.

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Radio France
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Homme d'affaires sur fond de drapeau des USA (FRANCKREPORTER / E+/ GETTY IMAGES)

Les États-Unis apparaissent toujours comme un eldorado professionnel. Pour autant, s’y installer n’est pas simple.

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice en chef de Vivre à l'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama

De nouveaux continents comme l’Asie s’ouvrent aux expatriés, mais  les États-Unis continuent de faire rêver

Oui, au-delà du dynamisme économique, l’american way of life continue d’attirer ! D’après une étude menée auprès de 1 500 étudiants début 2016, les destinations anglo-saxonnes restent les destinations préférées des jeunes Français. Les États-Unis arrivent en tête, suivis du Royaume-Uni et de l’Australie.

Pourtant, s’installer aux États-Unis, même lorsque l’on possède un excellent CV, n’est pas simple

Non. Sophie Landrieux raconte son expérience dans un livre qui vient de paraître : Chroniques de l’Amérique au quotidien. Maître de conférence à la Sorbonne, elle a suivi son mari, muté aux États-Unis il y a 8 ans. Son premier choc n’a pas été tant culturel, puisqu’elle explique avoir été plutôt bien accueillie, qu’administratif, puisque la reconnaissance des diplômes, notamment le système des équivalences, n’est pas automatique.

Quels ont été les principaux obstacles ?

On le sait, l’obtention du visa est compliquée, à tel point que de nombreux expatriés sont obligés de faire appel à un juriste pour les aider. Ensuite, le marché de l’emploi est certes favorable, encore faut-il candidater avec les bons outils. Rédiger un CV à l’américaine demande un peu d’effort car la composition est très différente : par exemple, les données personnelles sont réduites au minimum (égalité des chances oblige) mais il faut indiquer votre objectif professionnel sous forme d’accroche. Or nous autres, Français, ne sommes pas toujours bien rôdés à cet exercice du "self branding", de l’autopromo.

Ces différences culturelles se retrouvent forcément sur le lieu de travail

Oui. Ce que nous disent les expatriés, c’est qu’ils sont toujours frappés de voir à quel point l’ambiance est relax. Le rapport à la hiérarchie est différent, moins formel. Les travaux d’un chercheur, Geert Hofstede ont montré que le score des USA concernant la dimension "distance hiérarchique" est nettement plus faible que le score français.

Qu’en est-il des salaires ? Sont-ils plus élevés qu’en France ?

En apparence oui, mais ils sont aussi plus vite dépensés. La vie aux États-Unis est chère. Les dépenses médicales peuvent être élevées. Pour gagner plus, les Américains n’hésitent donc pas à changer d’employeur très souvent, tous les 3 ans et demi en moyenne. Cette durée moyenne n’a que peu bougé depuis les années 90. Même la crise de 2008 n’a que peu impacté cette mobilité professionnelle, très ancrée dans la culture américaine.

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Aller plus loin

Retrouvez cette chronique sur Vivre à l'étranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama

"Chroniques de l’Amérique au quotidien" par Sophie Landrieux 

Les travaux du chercheur Geert Hofstede

Rédiger un CV à l'américaine

Étude 2016 sur les destinations préférées des jeunes Français

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