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Expatrié d'un jour, expatrié toujours ?

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Une expatriation en entraîne souvent une autre : ne dit-on pas "expatrié d'un jour, expatrié toujours" ? D'après un sondage BVA-Berltiz, 90 % des expatriés ont envie de repartir. Mais les expatriations à répétition, enrichissantes sur le plan personnel, le sont parfois moins pour la carrière.
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice-en-chef du site Vivre à l'Etranger.com du groupe Studyrama. Qui
sont ces expatriés "de toujours" ?

  • On les appelle "expatriés de
    carrière" ou "expatriés professionnels"... Ils enchainent les
    missions à l'étranger et embarquent leur famille dans cette aventure. Une
    enquête de la Maison des Français
    de l'Etranger (MFE) indique que 57 % des  expatriés ont déjà vécu à l'étranger*.

- Qu'est ce qui les anime ?

  • La plupart
    évoque des raisons à la fois professionnelles et personnelles. Côté professionnel, ces personnes enchaînent
    les missions à l'étranger. Ils deviennent des spécialistes de l'international,
    identifiés comme tel dans leur entreprise, et se voient donc confier des
    missions successives. Côté personnel, c'est la curiosité, l'envie de découvrir
    de nouvelles cultures, qui sont généralement avancés.

- Ces
expatriations successives sont-elles plus nombreuses qu'avant ?

  • Oui, elles croissent avec le nombre
    d'expatriés, celui des mariages binationaux qui fait qu'on a moins de raisons
    de revenir et avec la durée du séjour initial. Un
    expatrié français sur 3 vit à l'étranger depuis plus de 10 ans*.

- Le retour est-il plus difficile quand on a été
"multi-expatrié" ?

  • Oui. Certains ont quitté
    la France
    depuis plus de 15-20 ans et n'ont pas connu l'euro, par exemple. D'autres ne trouvent
    pas de postes intéressants à leur retour et se sentent stigmatisés : c'est
    le fameux syndrome du "CV cocotier" qui touchent ceux qui
    reviennent d'une destination assimilée aux vacances, et qui ont du mal à se
    faire prendre au sérieux par les recruteurs. Autre souci : le logement,
    notamment à Paris. Tous les expatriés ne sont pas des propriétaires fonciers.

- Ces craintes sont-elles partagées par les entreprises ?

  • Oui. D'après le
    spécialiste de la mobilité internationale RH Expat, les entreprises ont à
    l'esprit le cap des 5 ans. Au bout de cette période, soit elles passent le
    salarié en contrat local dans l'idée de "l'installer" sur place,
    soit elles le font rentrer. A condition que le salarié ait envie de
    revenir !

- Comment l'entourage vit-il ces expatriations successives ?

  • Généralement très bien
    car c'est un enrichissement collectif. Les enfants gagnent en ouverture
    d'esprit, apprennent a minima l'anglais. Le site FemmExpat, qui a mené une étude
    sur ce sujet, confirme cela tout en soulignant que l'un des points à surveiller,
    si l'on compte rentrer un jour, est le lien qu'entretiennent ces enfants avec
    un système scolaire français dont ils s'éloignent au fil des années.

* Séjour d'au moins 6 mois (enquête MFE 2012).

** 40 % des enfants d'expatriés sont scolarisés
au sein du système d'enseignement local ou dans une école internationale (MFE).

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plus loin

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RH Expat, conseil en mobilité
internationale

FemmExpat  

Retrouvez ce dossier sur le site de la mobilité internationale Vivre à l'Etranger.com du groupe Studyrama

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