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Expatriation : quelles tendances en entreprise ?

A l’occasion du salon Top Comp & Ben international mobility, rencontre annuelle des experts RH en mobilité internationale, les 10 et 11 décembre prochain à Deauville, nous avons voulu en savoir plus sur les pratiques des entreprises en matière d’expatriation.

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(Christina Gierse © Photo : DR)

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice-en-chef de Vivre à l'Etranger.com, le site de la mobilité internationale du groupe Studyrama. Les entreprises sont, parait-il, de plus en plus réticentes à signer des contrats d’expatriation, jugés trop chers, au profit de contrats locaux

  • Oui. Le contrat d’expatrié classique, avec tous ses avantages, disparait progressivement au profit d’un contrat « Local + », qui n’est autre qu’un contrat local amélioré. Exemple : vous devez partir trois ans en Argentine. Durant les 18 premiers mois, on vous accorde une prime qui doit vous permettre d’adopter progressivement le mode de vie local, la nourriture etc. Au bout de cette période, on revient à une grille de rémunération locale nettement moins avantageuse.

     

    Nous avons interrogé à ce propos Didier Hoff, avocat spécialisé en mobilité internationale pour Ernst & Young. D’après lui, les entreprises françaises, du moins les grands groupes, travaillent toutes activement sur la formation de viviers de jeunes prêts à partir dans les années à venir. Pour ces entreprises, l’avenir  passe forcément par l’international.

  • On voit de plus en plus d’entreprises proposer à leurs cadres, futurs expatriés, des formations d’aide au départ. Ces formations concernent en premier lieu les conjoints. Dans les services RH, des chiffres circulent – en off – sur le taux de divorce en expatriation. Il est, parait-il, impressionnant. Des études montrent que 75 % des expatriations ratées le sont à cause de problèmes familiaux. Or une expatriation ratée coûte cher.

     

    Les destinations actuelles ne sont plus, comme il y a 15-20 ans, de grandes capitales occidentales, mais des pays émergents, au mode de vie parfois très différent. D’autre part, les durées d’expatriation se réduisent pour des raisons de coût, et le conjoint n’a pas toujours envie de quitter son travail, au risque de ne rien retrouver un an plus tard. Il décide donc de rester en France, ce qui pose d’autres problèmes car un collaborateur, souvent masculin, qui part en célibataire risque de ne pas le rester très longtemps, surtout dans certains pays…

    - A priori pas grand-chose. Certaines font preuve d’imagination, comme ce groupe industriel français implanté en Russie qui offre le billet retour à ses ingénieurs tous les 15 jours, avec réunion à Paris le vendredi matin… histoire d’être sûr que tout le monde sera bien présent.

    Top Comp & Ben and International Mobility, rencontre annuelle des décideurs grands comptes et experts Compensation and Benefits et en Mobilité internationale, les 10 et 11 décembre 2014 à Deauville.

     

(Christina Gierse © Photo : DR)